15 km de Charleroi 2016

Après les 6 heures de l’Espoir j’ai raccroché les baskets – façon de parler – pendant tout l’hiver et ce n’est que début mars que j’ai repris un volume d’entraînement raisonnable avec 157 km au compteur. Pas beaucoup de sorties donc, et aucune compétition pendant 4 mois. Mon premier objectif de l’année et seul du semestre est la deuxième édition du Grand Raid de Camargue qui aura lieu le 11 juin.

Distance mensuelle

Distance mensuelle

Mais quand la rencontre barefoot franco-belge s’est précisée je me suis arrangé pour en être. Ç’aurait été dommage de rater une occasion de rencontrer en vrai des gens que je ne connais que par clavier et écran interposés.

Samedi, 17h12

Avec Sylvie, Christian et Didier, tous trois venus de la région parisienne, on découvre les environs du parcours dans le bois du Prince au sud de Charleroi. Moi qui m’attendais à une course sur route, puisque le 15 km fait partie du Zatopek Urban Tour et que le mot Urban m’évoque immanquablement la ville, j’ai été plutôt surpris de l’environnement. Oui, c’est moi qui manœuvre dans la boue avec la grâce d’un crapaud sur la photo ci-dessous.

Dans la boue des chemins

Dans la boue des chemins (photo honteusement piquée à Sylvie)

On essaie tant bien que mal de suivre les parcours fléchés en vert et en rouge mais on n’est manifestement pas des pros de l’orientation car on hésite et on tâtonne à plusieurs reprises. Les pistes sont boueuses par endroit mais les sentiers de traverse sont agréablement vallonnés et tortueux. On craint un peu que le dénivelé total de la course ne soit pas négligeable et que l’état de la piste soit pire le lendemain après qu’elle aura été piétinée par des milliers de chaussures.

Samedi, 17h49

Il est temps de chausser pour une séance de Trailball. Ça faisait une éternité que je n’avais pas couru avec des chaussures (depuis août, j’ai vérifié) mais c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. En tous cas pour taper dans le ballon c’est plus confortable. Parce que le Trailball, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le croisement de la course nature et du football. Le but est de courir tout en poussant du pied devant soi une balle de la taille d’un ballon de handball.

Les premiers hectomètres se passent sans anicroche et intérieurement je commence à me féliciter de ma conduite de balle, fluide et sans bavure. Jusqu’au moment où le sentier rejoint et longe la rivière.
Les lois de la gravité de Newton battent alors en retraite pour céder la place à la loi de Murphy et ma balle profite de la moindre déclivité et du moindre interstice pour se jeter à l’eau. Froide, l’eau, évidemment.

Dans la rivière

Dans la rivière (autre photo honteusement piquée à Sylvie)

On s’en amuse, car je ne suis évidemment pas le seul à m’escrimer pour conserver la balle sur le sentier. J’ai déjà testé le trailball aux Brasses en octobre mais dans les herbes hautes c’était assez laborieux. Ici on passe vraiment un très bon moment et les deux kilomètres nous semblent bien courts. On termine notre repérage par un passage au hall omnisport pour retirer nos dossards et éviter l’affluence du dimanche matin.

Dimanche, 9h37

De retour dans le hall omnisport, bondé cette fois, c’est le moment de rencontrer les autres barefooters faisant le déplacement. Petit Pied, co-organisateur de la rencontre, Christian, Hervé, Bert, et Luc qui est venu mais ne court pas. En attendant l’heure du départ on fait connaissance, dans le hall bondé où tout le monde s’abrite du crachin.

Dimanche, 10h35

Le départ est donné et on est finalement 5 coureurs pieds nus, du jamais vu en ce qui me concerne. On reste groupés le temps de franchir la ligne de chronométrage puis chacun prend son allure. Les deux Christian et Bert sont devant moi, Hervé derrière, je ne les verrai plus pendant la course ni les uns ni les autres.

Les trois premiers kilomètres, sur bitume et montant avec 3% de pente servent à s’échauffer et se réchauffer, le thermomètre de la voiture indiquait 4°C un peu plus tôt. Puis le parcours bifurque dans le bois du Prince et on entame le secteur forestier. Là surprise, on n’emprunte ni les pistes boueuses où on a couru la veille pendant notre reconnaissance, ni les petits sentiers tortueux dans les collines. Le tracé suit de grandes pistes larges et rectilignes. Le sol est tapissé par endroits de copeaux de bois, signes que des bûcherons étaient à l’œuvre récemment. J’évite les plus gros, j’évite les pierres et je garde les yeux rivés au sol pendant les deux kilomètres et demi de légère descente vers le ravito. Même si je conserve une allure stable pendant ce secteur, entre 9 et 9,5 km/h, la pente descendante semble donner des ailes aux autres participants puisque c’est un flot continu qui me dépasse (et m’encourage).

Dimanche, 11h14

Comme je n’ai aucun objectif chronométrique aujourd’hui et que les arbres protègent de la pluie sur ce secteur (ou c’est peut-être la pluie qui s’est arrêtée) je fais une pause de quelques dizaines de secondes au ravito, le temps de boire un peu d’eau. Le parcours contourne ensuite le centre de délassement puis emprunte dans l’autre sens la piste sur laquelle on a joué au trailball la veille. Ça monte à 2% et je me cale sur un petit rythme tranquille, proche de l’endurance fondamentale. Les espaces se sont étirés et nos rangs sont clairsemés.Profil des 15 km de Charleroi 2016

Dimanche, 11h43

Après 9 km le parcours quitte le bois pour une nouvelle section de bitume. La coureuse que je dépasse me lance un petit mot, comme des dizaines d’autres personnes avant, et j’entends le mot ‘biomécanique‘ alors je reste à sa hauteur et engage la conversation. Une étudiante en école de kiné qui participe à sa première course pour accompagner une amie, laquelle est plus loin derrière.

On parle de foulée, d’articulations, d’amorti pendant quelques minutes, jusqu’à ce qu’une averse de grésil nous tombe sur le coin de la figure. Je suis frigorifié, je ne sens plus le bout de mes doigts et j’ai du mal à articuler alors je prends congé et accélère le pas pour me dépêcher de rentrer. Ce qui s’avère totalement inutile puisque le tracé emprunte ensuite un chemin horriblement boueux sur lequel je sacrifie l’allure pour assurer chaque appui.

Dimanche, 12h18

Je ne suis pas fâché de voir enfin l’arche d’arrivée, à peu près déserte à l’exception de Petit Pied venu braver la pluie pour encourager ses potes pieds nus. Au passage de la ligne le chrono marque 1h38’18, rien d’exceptionnel mais conforme au non-objectif de 1h40 que je m’étais fixé.
L’anecdote amusante c’est que la veille au soir pendant le repas je confiais à Sylvie, Didier et Christian que pour estimer mon chrono sur une course, je multiplie simplement par deux le temps du vainqueur. Et selon les résultats celui-ci a franchi la ligne en 49’09 soit très exactement le double du temps indiqué par mon Polar.

Dimanche, 13h05

Après une douche rapide, faute d’eau chaude, tous les barefooters se retrouvent autour d’une table dans le gymnase, devant un sandwich, une barquette de frites et une bière, Belgique oblige. Entre ceux qui ont couru les 15 km, ceux qui ne courent pas que l’on rencontrés avant le départ, et Pat et Cédric qui nous ont rejoint dans la matinée on est une douzaine de personnes.

Malheureusement tout ça est de bien trop courte durée puisque dès 14h je dois prendre congé et entamer mon trajet de retour via Paris et Marseille. Mais je ramène avec moi plein de souvenirs d’un week-end où la météo était autant exécrable que les rencontres sympathiques.

Ailleurs sur le web

Voir le compte-rendu de Sylvie, et celui de Christian.

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2 réflexions sur “15 km de Charleroi 2016

    • Merci. Je crois plus à la préparation qu’à la chance 🙂
      Et en l’occurrence rejoindre la mi-course serait déjà un résultat satisfaisant.

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