6 heures de l’Espoir 2015

24 heures de l'Espoir 2015Une première expérience réussie au mois de mai à Lyon, m’avait donné envie de tenter un 6 heures sur du plat et d’y viser l’objectif somme toute raisonnable de 50 km.
Le 6 heures organisé le dernier week-end de novembre depuis trois ans au parc Borély à Marseille colle bien au niveau du calendrier, en fin de saison assez loin des autres courses, comme au niveau de la proximité géographique, à moins d’une heure de route.

Après avoir choisi un plan d’entraînement sur 9 semaines que je n’ai pas du tout suivi, quand arrive le jour J j’ai une moyenne de 2 sorties et 25,6 km par semaine, totalement insuffisant pour préparer un 6 heures. Et quelques kilos de lard inutile autour de la taille.
Autant dire que l’objectif initial de 50 km est désormais hautement improbable au point que j’y ajoute plusieurs objectifs de repli :

  1. dépasser la distance du marathon (42,195 km)
  2. dépasser ma plus longue distance pieds nus (36,1 km)
  3. avancer pendant 6 heures

Même si le résultat est plus qu’incertain je décide de rester sur la stratégie établie de longue date, à savoir courir à 6’40" /km pendant 2 heures puis tenter de maintenir une allure entre 7’00" et 7’15" /km ensuite.

Le jour J

J’arrive au parc Borély avec deux heures d’avance pour retirer mon dossard, en fait une puce de chronométrage montée sur velcro à fixer à la cheville. C’est bien plus pratique que les puces à fixer aux lacets… quand comme moi on n’a pas de lacets.
Comme je n’ai pas plus de chaussures quand je marche que quand je cours, un bénévole me demande en plaisantant si je vais courir pieds nus. Je réponds que oui, bien sûr, et la speakerine juste à côté en profite pour le mentionner au micro et me poser deux ou trois questions.
Pour la discrétion on repassera.

Pendant l’attente un coureur engage la conversation. C’est son premier 6 heures, il se pose quelques questions, et je dois avoir manifestement l’air plus expérimenté. Ou alors juste l’air plus vieux. Il vise 60 tours, en fera finalement 59, et à chaque fois qu’il m’a dépassé, toutes les demi-heures environ, on a échangé quelques phrases. Ce sont les petits plaisirs annexes de la course à pied. À midi on était de parfaits inconnus et le soir quand on s’est retrouvés après la ligne d’arrivée on a échangé une poignée de main vigoureuse et chaleureuse comme le feraient des amis de longue date.

La course

Les premiers tours sont très faciles. J’essaie de contenir mon allure à 6’40" /km comme prévu, mais pour ça je dois mettre le pied sur le frein. 6’53", 6’38",6’33", 6’35", 6’36", 6’31", 6’33"… Pour l’instant les tours s’enfilent comme des perles et je parcours 8,9 km la première heure à 6’44" /km de moyenne, pauses ravito incluses. L’allure n’est pas homogène à cause du vent, mais sur un tour complet le vent dans le dos côté ravito compense le vent de face sur le côté opposé du parcours. À la fin de la deuxième heure j’ai parcouru 17,4 km et je m’octroie une pause de 3 minutes.

Déroulement de la course

Comparaison de la course réalisée à l’objectif des 50 km.

Arrive ensuite le vingtième kilomètre et avec, les complications. Ça semble être ma limite de performance, 20 kilomètres. Au-delà ça devient difficile. Quelle que soit l’allure à laquelle je cours : 5’50", 6’40" ou 7’40" /km, c’est toujours vers le 20e que les muscles droits antérieurs jettent l’éponge. Aujourd’hui, pas d’exception, les cuisses rechignent, lever le genou devient de plus en plus difficile. Je compense en m’inclinant vers l’avant et utilise la perte d’équilibre pour avancer, au grand désespoir de mes chevilles, en flexion très prononcée, et de mes mollets qui assurent la propulsion. Et la situation se dégrade au fil du temps : je cours le 20e km en 7’04", le 30e en 8’02" et le 40e en 8’56".

Je passe 25 km en 2h58’45", j’ai parcouru la moitié de la distance visée à la mi-course mais toute l’avance acquise pendant les deux premières heures a fondu et je sais que les 50 km ne seront pas à l’ordre du jour. Objectif suivant : dépasser 42,195 km.

À la fin du 27e tour le soleil est très bas sur l’horizon et la température commence à diminuer. Je fais une longue pause. Je prends le temps de me changer, de remplacer le t-shirt à manches courtes par une veste doublée à manches longues et la casquette par un bonnet. Je prends aussi le temps de manger, il y a des barquettes de frites toutes chaudes au ravito et je félicite intérieurement celle ou celui qui en a eu l’idée.

Miam !

Quand la nuit tombe et qu’il fait 8°, ça requinque !

Après cette pause prolongée les 42 tours restent du domaine du possible, il me suffit de parcourir 15 km en 2h30 soit 6 km/h de moyenne.
En 4h53 de course je dépasse ma plus longue distance courue pieds nus, les 36,1 km du Raid de Camargue en septembre. Un objectif atteint !

À trois quarts d’heure de la fin les calculs deviennent plus fins. Je passe la ligne de chronométrage de mon 38e tour à 18h18 et je calcule qu’à mon allure actuelle d’environ 9’00" /km je la passerai encore à 18h27, 18h36, 18h45 et 18h54, soit 4 tours de plus et 42 tours au total.
Seuls les tours finis sont comptabilisés et je n’ai pas les moyens d’accélérer de 40" /km pour faire un autre tour dans le temps imparti, donc je relâche un tout petit peu l’allure et boucle mes 42 tours en 5h56’30".

Les rencontres

Je me souviens qu’à Lyon à l’ultra-boucle de la Sarra, je n’avais pas vu filer les heures. À Marseille j’ai vu passer les quarts d’heure, un par un, et aucun d’entre eux ne semblait pressé de se terminer. Heureusement les autres participant.e.s sont aussi prompts que moi à bavarder.

J’ai taillé le bout de gras avec pas mal de monde. J’ai déjà parlé de monsieur-59-tours, je mentionnerai aussi un gars chevelu à la façon de Joan Roch qui courait sur le 24 heures (lequel avait débuté la veille à 19h00). J’écris ‘courir’ mais il donnait plutôt l’impression de faire un petit footing de récupération en restant à ma hauteur. Il y avait aussi ce gars qui me lance en me doublant « C’est comme ça qu’on devrait courir ! » tout en désignant mes pieds nus. Puis « Tiens, d’ailleurs je vais faire pareil » et joignant le geste à la parole il s’assied le temps d’enlever ses chaussures, les lace autour de son cou et continue en chaussettes. J’ai eu mauvaise conscience en le voyant s’éloigner sans amorti et en talonnant gaiement, mais je l’ai revu plus tard et il avait remis ses chaussures. Ouf !

Faux tatouageDans le lot j’ai aussi repéré une mamie dont les deux tibias arboraient de magnifiques tatouages représentant des flammes et des motifs tribaux couvrant totalement la jambe. J’ai trouvé ça épatant et totalement inattendu. Je me suis fais la réflexion que si on la croisait dans la rue habillée avec un pantalon ou une robe longue, on n’imaginerait jamais qu’elle puisse avoir de tels tatouages. Ce n’est qu’après l’avoir dépassée plusieurs fois que j’ai réalisé qu’il s’agissait de manchons en tissu et non pas de vrais tatouages. J’ai bien rigolé de ma propre bêtise, mais en même temps j’étais un peu déçu, j’aimais bien l’idée d’une mamie avec des tatouages de biker.

Et ensuite ?

Mon Polar affiche 42,8 km parce que je me suis écarté du parcours pendant mes pauses au ravito et aussi parce que je n’ai pas couru à la corde mais plutôt au milieu des allées. Or, la boucle est mesurée à exactement 1,00 km donc j’ai parcouru officiellement 42,0 km et je ne suis toujours pas ultra-marathonien sur le papier.
Quelle ironie ! Il va falloir que je remette ça en 2016, mais après une préparation digne de ce nom cette fois, histoire d’atteindre les 50 km.

La bonne nouvelle c’est que la plante des pieds n’a pas souffert de ce traitement. Elles ont été sensibles pendant le reste de la soirée, mais dès le matin plus aucune rougeur ni aucune hyper-sensibilité. On ne peut pas en dire autant des cuisses et des mollets !

Les clés de la course

Distance : 42,8 km
Durée : 5h56

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