La stratégie du demi-tour

Demi-tourQuand j’ai commencé à courir, mon parcours habituel consistait à rejoindre la piste cyclable et à effectuer 1, 2 ou 3 boucles autour du quartier, ce qui correspondait à 3,3, 5,5 ou 7,7 km.
Puis je me suis inscrit à mon premier 10 km.
Je ne voulais pas découvrir la distance le jour de la course et il me suffisait pour cela de parcourir 4 boucles soit 9,9 km. Oui mais voilà, je n’ai jamais réussi à faire quatre tours. À chaque fois, arrivé à la fin de la troisième boucle, au moment de bifurquer pour entamer un quatrième tour, le courage m’a manqué et au lieu de ça j’ai tourné de l’autre côté pour rentrer chez moi.

Donc j’ai opté pour la ruse. J’ai repéré sur Google Maps le point de la piste cyclable situé à 5 km de chez moi et je suis parti équipé comme si je courais l’UTMB, avec 2 litres d’eau dans le Camelbak, des barres de céréales, des pâtes de fruit, une trousse de premiers soins, etc.
J’ai couru jusqu’au point prévu puis j’ai fait demi-tour, bien obligé de parcourir ce jour-là les 10 km. Et comme tout s’est passé comme sur des roulettes, j’ai re-couru ce même parcours dès le week-end suivant.

La semaine dernière j’ai utilisé le même artifice lors de ma sortie longue et ça a tourné en eau de boudin. Alors je me demande quelles sont les limites de cette méthode.

Dead end

Quand on arrive au bout, il n’y a plus qu’à rebrousser chemin.

Le principal objectif de cette « stratégie du demi-tour » est de déjouer la petite voix qui nous souffle d’arrêter et de rentrer à la maison, que ce soit la voix de l’appréhension, de l’ennui ou même de la paresse.
Pour que ça fonctionne il faut choisir soigneusement la distance du point de demi-tour. La distance à parcourir à l’aller doit être acquise : on sait qu’on la parcourra facilement pour l’avoir fait déjà plusieurs fois.
La distance totale de l’aller et retour, au contraire, doit être au-delà de notre zone de confort.

C’est ce qui s’est passé avant ma première course en 2011. Je courais régulièrement 7 à 8 km donc en courir 5 était facile. Par contre 10 me paraissait trop pour mes capacités.
La semaine dernière aussi, les distances étaient choisies de manière subtile. Je cours régulièrement 20 km, alors une distance de 13 km est dans le domaine « les doigts dans le nez « tandis que 26 km c’est déjà la catégorie « ça pique les jambes ».

Alors où est-ce que ça a foiré ?
Probablement dès la phrase « je cours régulièrement 20 km ».
C’était vrai en décembre, en janvier et au tout début du mois de mars, mais mercredi dernier quand je me suis lancé dans cette sortie longue, j’avais quatre semaines de quasi repos (moins de 15 km en tout) et déjà trois sorties et 20 km dans les jambes des deux jours précédents.
Je me suis souvenu que mon Polar calcule une valeur de charge d’entraînement que le site représente sous la forme d’un graphique.

Charge d'entraînement

Charge d’entraînement depuis le 16/3

On y voit que le grand pic représentant cette sortie longue m’amène loin dans la zone rouge « entraînement déconseillé », et que les deux sorties précédentes avaient préparé le terrain en me maintenant au milieu de la zone jaune « éviter l’entraînement d’intensité élevée ».

Avec le recul je me dis que ma déconvenue était largement prévisible. Je saurai être plus prudent la prochaine fois.
Et vous, vous avez déjà essayé de repousser vos limites avec cette stratégie du demi-tour ?

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7 réflexions sur “La stratégie du demi-tour

  1. ici je me suis toujours arrangé pour faire de grandes et larges boucles comme ça en cas de lassitude, comme c’est susceptible d’arriver assez tard, faire demi tour serait bien pire que de continuer mon chemin et n’aurait donc aucun sens…c’était ma stratégie quand j’ai commencé à faire des sorties de 2h30 l’an dernier, ça a bien fonctionné…on a l’habitude aussi de faire de la randonnée pédestre en, montagne, assez longue, genre 7 ou 8 heure de marche par jour et là encore on fait toujours une grande boucle, psychologiquement les allers-retours ça ne nous va pas du tout …

  2. J’ai du mal avec les aller-retours… Je préfère faire une boucle…. Ca m’est déjà arrivée d’augmenter le kilométrage pour faire une boucle sans avoir à me taper le même chemin que l’aller….
    En faisant demi-tour je me dis plus facilement « j’arriverais pas a rentrer à la maison… » La boucle, je me pose beaucoup moins de question parce que passé la moitié j’ai plus qu’à continuer sinon ça fera encore plus long… (je ne suis pas certaine d’être très claire…)

  3. Suivre une boucle apporte un peu de variété, mais quand on fait une seule boucle, comme vous l’écrivez toutes les deux, l’idée de base est la même que quand on fait demi-tour, non ? On part jusqu’à un point le plus éloigné puis on revient. Dans votre cas par un chemin différent, dans le mien la plupart du temps par le même chemin.

    J’oppose plus ça au fait de faire des tours du quartier (ou des tours de piste). Vous comme moi, quand on veut augmenter la distance on augmente la longueur de la boucle (ou de l’aller et retour). D’autres utilisent peut-être une boucle plus petite et ils augmentent la distance en ajoutant des tours.
    Ou alors c’est qu’on a tous des âmes d’aventuriers et qu’on court toujours de plus en plus loin.

  4. hum, je valide l’idée d’avoir une âme d’aventurière…ceci dit je viens de découvrir le travail sur piste, c’est pas mal motivant aussi de se dire que, au pire, si ça ne va pas, on n’est jamais bien loin de l’arrivée…mais sur du long je pense que je deviendrais chèvre…ou hamster plutôt…

    la dimension psychologique joue beaucoup aussi, par exemple, à l’inverse de ce que je disais dans mon 1er commentaire, je préfère faire mes séances de fractionnés en faisant demi-tour à la moitiés de l’exercice, ce qui me donne l’impression (illusoire) que c’est bientôt fini puisque je me dirige vers un pont qui signe l’arrêt de ma séance de fractionné et le retour tranquille chez moi…

  5. Pour ma part, je pense avoir une dizaine de boucle différentes. ..Certaines sont plates, d’autres ont des côtes, certaines sont longues, d’autres petites, et certaines sont en ville et d’autres sur des chemins, autour des lacs.
    Donc en fonction de la sortie visée, je les associe les unes aux autres.
    mais en ce moment même, j’ai ce sentiment de lassitude a emprunter toujours les mêmes boucles. ..du coup hier pour ma sortie longue, j’ai testé 3 nouveaux chemin qui partaient de boucles déjà connues…il y en a une que je n’ai pas aimé et 2 qui demandent confirmation. ..Voilà comment j’essaie de contourner la lassitude.
    dans les prochaines semaines, je prevois de prendre la voiture pour explorer une foret pas loin de chez moi.
    J’ai déjà fait également aller en train, retour en courant. …

    • Tu dois avoir un grand rayon d’action pour avoir autant de variété. Quant à faire l’aller en train et le retour en courant, il faut sacrément bien doser la distance quand même !

      • J’ai l’orge qui passe pas loin dz chez moi et du coup le long il y a qq lacs (enfin petit)
        Pour le train, un petit google map au préalable pour repérer un chemin et estimer un distance. ..après faut pas être super regardant et accepter de faire qq bornes de plus 🙂 ou de moins

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