Le code couleur de Cooper

Le code couleur de Cooper est un système qui rend compte du niveau de vigilance d’une personne. Il se compose de quatre paliers identifiés chacun par une couleur spécifique. C’est un système tellement simple qu’on peut facilement l’extraire du domaine militaire dont il provient et l’appliquer à n’importe quelle activité de la vie quotidienne. Y compris la course à pied.

Niveau blancBlanc

Le niveau blanc c’est l’absence totale de vigilance. On est déconnecté de la réalité. C’est le cas par exemple quand notre attention est focalisée sur la manipulation de la montre cardio qui ne capte pas le signal GPS ou quand on rêvasse en musique, les écouteurs intra-auriculaires vissés dans les oreilles nous occultant le monde extérieur.
Vous l’aurez compris, au niveau blanc de vigilance les conditions de sécurité ne sont pas tout à fait réunies. À part en groupe et sur une piste d’athlétisme, on ne devrait jamais courir dans ces conditions d’inattention.

Niveau jauneJaune

Le niveau jaune c’est la vigilance passive. On est attentif à ce qui nous entoure, nos sens sont en éveil. Avant de s’engager sur le passage piéton on sait que la voie est libre car on a vu le feu passer au rouge et le flot de voitures ralentir puis s’arrêter. Dans les allées du parc on a repéré la mère de famille (ou la nounou) qui tient un enfant par la main et pousse un landau, le couple enlacé sur le banc et le trio de joggeuses là-bas, de l’autre côté du plan d’eau.
Notre vigilance peut (et devrait) rester indéfiniment au niveau jaune. C’est un état relaxé qui ne génère pas de stress. On est attentif sans être inquiet.

Niveau orange

Orange

Le niveau orange correspond à la vigilance active. Notre radar a accroché quelque chose qui mérite une attention particulière. Le motard qui remonte à vive allure la file de voitures va-t-il s’arrêter au feu ?
Le chien qui joue avec un bâton sur les pelouses du parc va-t-il échapper à son maître ?
Le niveau orange implique de focaliser notre attention sur un élément précis et requiert de la concentration. Il est forcément un état transitoire. Dès qu’on a vu la moto s’arrêter, dès que le gars a rappelé son chien et enroulé la laisse autour de son poignet, notre vigilance peut redescendre d’un cran au niveau jaune.

Niveau rougeRouge

A contrario si la moto ne freine pas, si le chien se lance à nos trousses, la simple vigilance ne suffit plus il faut être prêt à agir. On passe au niveau rouge. On va stopper voire faire un pas en arrière pour éviter la moto, ne plus courir mais marcher pour diminuer l’intérêt que le chien a pour nous.
Le niveau rouge implique une concentration importante et engendre un stress significatif pendant une période très courte, suite à laquelle il faut plusieurs minutes pour évacuer l’adrénaline et faire retomber la fréquence cardiaque.

Noir

Certains ajoutent un cinquième et dernier palier, le niveau noir, pour caractériser le moment où l’on panique, où l’on n’est plus du tout maître de soi-même. Quand on atteint cet état-là, c’est bien souvent directement depuis le niveau blanc lorsqu’un événement que l’on n’a pas anticipé nous prend au dépourvu.
Comme le crissement de pneus qui couvre soudain la mélodie du baladeur MP3 ; ou les aboiements du chien qui nous surprennent alors qu’on a les yeux rivés sur le cardio, lequel mouline à la recherche de satellites. Bien souvent au niveau noir on n’a plus le temps de réagir et l’on ne peut que subir.

Et vous quand vous courez, vous vous situez où sur cette échelle de couleur ?

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12 réflexions sur “Le code couleur de Cooper

    • Tiens donc. J’aurais cru que courir accompagnée de chiens soit un facteur rassurant. Toi ça te rend plus vigilante ? Il faut les surveiller comme le lait sur le feu, c’est ça l’idée ?

      • Tout à fait, j’en ai un qu’est jamais à court d’idées à la con. L’autre par contre est une d’une intelligence merveilleuse, j’ai toute confiance en lui.
        Le premier m’a ramené un lapin mort l’autre fois… je sais pas s’il l’a tué ou trouvé… 😀

  1. melia06 dit :

    Intéressant !! Pour ma part, je suis niveau jaune la plupart du temps, je regarde ce qui se passe autour, les voitures, les chiens …
    Plus rarement en niveau blanc, mais ça ne dure jamais car je passe ensuite très rapidement au niveau noir, et je sursaute très souvent en me faisant doubler par des vélos, ou autres coureurs !! Ce qui me ramène donc au niveau jaune !

    • C’est un truc tout bête, mais je trouve que le fait de le formaliser le rend beaucoup plus facile à percevoir et du coup de se positionner.

  2. A Paris, c’est la même chose pour tous: orange, rouge, noir, rouge, orange, orange, rouge, rouge, rouge, bleu (les gyrophares de la police quand on grille un passage piéton 🙂 ).
    Et noir à Paris, et c’est direction l’hôpital.

    • Et c’est possible de courir en endurance fondamentale (70% de FCM) dans de telles conditions ? Non, c’est ce qui explique le succès des fitness centers où l’on court sur un tapis comme un hamster dans sa roue. 🙂

      • Suffit de connaître les bons coins où il n’y a personne et pas de circulation ni feux rouge. Donc la coulée verte qui va dans le sud, le bois de Vincennes, le bois de Boulogne.

  3. Daddy dit :

    Comment dire. J’ai envie de dire tout à la fois. Je suis hyper attentif à ce qui m’entoure quand je cours, même si j’ai de la musique ou un podcast dans les oreilles. La montre je l’oublie souvent. Je regarde de temps en temps à quelle distance j’en suis, c’est tout, ou l’heure qu’il est.
    Je pense avoir un assez bon sens de l’anticipation, les bagnoles, les chiens, les gens qui ne me voient pas, etc. Je ralentis quand je vois un chien pour éviter de l’intéresser tout en faisant attention à là où je mets les pieds si le terrain est cabossé. Je pense qu’au-delà de ce système de couleurs que je trouve intéressant, il y a aussi l’expérience. Je ne dis pas qu’elle épargne les accidents, évidemment ou un manque de vigilance parfois. Je relativise. Mais de manière générale, j’ai toujours observer la façon qu’ont les autres de se comporter si bien que très très régulièrement je me rends compte que j’ai anticipé un « danger ». Pareil pour les animaux, j’arrive assez à déceler s’ils vont s’intéresser à moi ou pas. Dans le doute, je retire les écouteurs et j’interpelle les propriétaires.
    La seule chose que je n’ai pas réussi à appréhender c’est lorsque je passe à proximité de terrains de chasse. Je n’ai pas trouvé la meilleure attitude à adopter pour limiter le plus possible les risques de me faire canarder.
    Bref, je n’ai pas la prétention d’avoir des sens plus développés ou d’être au top de la vigilance mais discuter ou écouter ne m’empêche pas d’observer.

    • On ne porte pas tous la même attention à notre environnement. Il y a même une très large gamme qui s’étend entre l’inconscience à une extrémité et la paranoïa à l’autre bout. Je trouve que le fait de formaliser ça sous la forme d’une échelle graduée équilibre un peu les chances en permettant à chacun de se situer.
      Je trouve que ça relativise aussi le facteur ‘chance’. Quelqu’un qui fonctionne en mode blanc/noir va parler de malchance en racontant ses mésaventures, alors qu’une autre personne qui fonctionne en mode jaune/orange aura réussi à éviter la plupart de ces situations et parlera plutôt d’expérience.

  4. Très intéressant comme approche. Alors, en début d’ultra, je me ballade entre jaune et rouge et en fin d’ultra, entre blanc et noir. Le reste du temps, en entraînement, c’est jaune, au pire orange.

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