Trail Ubaye 2014

Samedi

Téléphone prêtLa préparation de la course m’occupe une bonne partie de l’après-midi.
  √ Retirer le dossard
  √ Enregistrer le numéro du PC course dans le téléphone
  √ Programmer le réveil à 7h00
  √ Mettre les accumulateurs de froid au congélo
  √ Stocker les boissons isotoniques au frigo
  √ Placer la glacière vide en travers du passage pour ne pas oublier d’emporter les boissons isotoniques et les accumulateurs de froid.

À côté de ça le rangement du matériel dans le Camelbak est beaucoup plus rapide.
  √ Sifflet
  √ 4 tubes de gel
  √ Ziploc en guise de poubelle
  √ Couverture de survie
  √ Trousse de bobologie dans un gros œuf Kinder
  √ Couteau suisse
  √ Gilet orange fluo
  √ Chaussures ‘au cas où’

Bon, j’ai l’impression que ça fait too much pour une petite boucle de 12 km mais comme le parcours m’est totalement inconnu je préfère emporter trop afin de parer à différentes éventualités.
L’objectif numéro un est de rallier l’arrivée. Le numéro deux est de ne pas faire regretter aux organisateurs de m’avoir laissé partir pieds nus.

Dimanche

Départ du Trail de l'Ubaye

Les rues piétonnes envahie par la course


Le centre-ville de Barcelonnette est envahi de coureuses et de coureurs. Pourtant les concurrents du 42 km sont déjà partis depuis une bonne demie heure. Celles et ceux qui parcourent les rues sont inscrits soit sur le 23 km soit sur le 12 km dont les départs seront donnés à dix minutes d’intervalle.

Fidèle à mon habitude je me place tout au fond du peloton avec les marcheurs. Au coup de pistolet je me mets en route tranquillement puis bientôt j’accélère l’allure : je ne sais pas quel revêtement je vais rencontrer sur le parcours, je profite des pavés puis du bitume pour courir tant que je le peux.
À peine 700 m de course et ça commence à monter. Beaucoup marchent déjà, je me faufile entre eux et maintiens mon rythme tant que je peux. Comme à l’accoutumée j’entends ça et là quelques remarques étonnées. Une coureuse que je viens de doubler lance à sa copine :
« T’as vu il est pieds nus !
– Ah ouais, y’en avait un aussi à la Bandol Classic »
répond l’autre.
Je ne peux m’empêcher de me retourner « C’était moi. » On discute quelques secondes puis je reprends l’ascension.

km 01 : 6’43 », +12 m
km 02 : 7’48 », +116 m

À partir du troisième kilomètre j’alterne à mon tour marche et course. La pente moyenne de 11% a eu raison de mon rythme cardiaque qui dépasse déjà 90% de ma FCM. Le bitume a cédé la place à une piste caillouteuse, puis le parcours bifurque sur un sentier où l’on ne progresse qu’en file indienne. Sur cette mono-trace on avance au rythme imprimé par la personne la plus lente du cortège. Autant dire que tout le monde marche.
Le sentier est agréable tapissé d’herbe et d’humus, par endroits rendu boueux par les averses deux nuits plus tôt. Mais la montée est interminable avec une pente moyenne qui progresse de 11% à 14%. Au cardio qui s’envole dans les tours s’ajoute une douleur dans les mollets. À ce moment-là je regrette de ne m’entraîner que sur du plat. Je profite d’une éclaircie dans la forêt pour extirper le téléphone et prendre quelques photos de la vallée de l’Ubaye.

km 03 : 10’10 », +112 m
km 04 : 12’02 », +121 m
km 05 : 15’54 », +138 m
km 06 : 12’36 », +108 m

La vallée de l'Ubaye

La vallée de l’Ubaye

Le seul et unique ravito se trouve au col des Alaris, à 6 km. Je suis surpris d’y arriver alors que mon GPS affiche seulement 5,7 km, mais j’oublie que le GPS ne donne qu’une distance à plat et pas la distance réelle tenant compte du dénivelé. Je prends mon temps pour boire un gobelet de Coca et manger trois abricots secs tout en répondant à quelques questions sur les raisons qui me poussent à courir un trail pieds nus.
Passé le col le parcours est vallonné sur environ deux kilomètres, sans dénivelé important. Quelques secteurs sont carrément boueux et on doit également traverser quelques torrents. L’eau est fraîche, très fraîche.

km 07 : 8’10 », -36 m
km 08 : 8’06 », -56 m

Après un nouveau checkpoint le parcours entame la descente, et signe le retour de ma grande amie la caillasse. Je fais en sorte de rester le plus possible sur les bords, recouverts d’une poussière fine, même si cela signifie courir sur un dévers qui sollicite un peu trop les chevilles à mon goût.
Le trajet emprunte la crête au-dessus des grands ravins rocheux que j’ai pris en photo pendant la montée. À moins d’un mètre de l’à-pic je n’en mène pas large, mais je m’arrête quand même pour prendre de nouvelles photos de la vallée et de Barcelonnette.

Barcelonnette au fond de la vallée

Barcelonnette au fond de la vallée

Les parcours du 12 km et du 23 km se sont rejoints et les premiers concurrents du 23 déboulent à toute allure. Je suis lent comme un escargot sur ces cailloux, je m’écarte du chemin dès que j’entends une cavalcade et laisse passer indifféremment les concurrents du 23 km comme ceux du 12 km.

La descente se poursuit, traverse un champ où je me fais plaisir avec une pointe à 100% de VMA, et débouche ensuite sur un sentier en lacets. J’entends biper le dixième kilomètre et je m’aperçois que je n’ai aucune idée du temps écoulé. De quelques clics je fais défiler l’affichage du Polar : 1h38.
J’aurais été heureux de voir ce chrono-là au ravito du 6e, et j’ai parcouru 4 km de plus. Délirant !
Le onzième kilomètre me fait payer cette auto-satisfaction prématurée. Avec une pente moyenne de –20% cette portion est terrible. Comme je pose l’avant du pied en premier et pas le talon, l’essentiel du travail est fourni par les quadriceps qui absorbent l’impact et supportent le poids du corps. J’ai les cuisses en feu.

km 09 : 8’45 », -177 m
km 10 : 7’43 », -109 m
km 11 : 12’46 », -195 m

Heureusement le sentier rejoint bientôt une piste gravillonnée puis une route asphaltée. Je suis ravi de retrouver du plat et du bitume. Quel soulagement ! Mes jambes sont en pilote automatique, j’ai l’impression qu’elles suivent leur propre rythme et que je ne les contrôle plus. Quelques virages à angle droit, des barrières et de la rubalise encadrent le parcours puis c’est l’entrée dans le parc, une grande boucle sous les encouragements du public et la ligne d’arrivée.
1h57’03 » annonce fièrement mon Polar.

km 12 : 6’12 », -37 m

Les clés de la course

Distance : 12,0 km
Chrono : 1h57
Dénivelé : 725 m

Quels enseignements ?

Bon, ‘enseignements’ est un grand mot, surtout pour un debriefing à chaud.
Il n’y avait pas de puce de chronométrage pour la catégorie ‘randonneurs’ dans laquelle je me suis inscrit, je n’ai donc pas de temps officiel. Cependant le chrono de 1h57 donné par mon Polar me placerait 214e sur les 243 arrivants de la catégorie ‘open’ qui ont couru un parcours identique.
En d’autres termes, 12% des concurrents sont arrivés après moi. C’est assez inespéré, je tablais plutôt sur un chrono allant de 2h30 dans le cas de figure le plus favorable à plus de 4h s’il m’avait fallu marcher constamment.
Au-delà du chrono anecdotique, ce qui est très satisfaisant c’est qu’à aucun moment je n’ai dû ralentir à cause du revêtement. Dans la montée c’est le souffle qui m’a fait défaut, et dans la descente ce sont les muscles des cuisses qui ont crié grâce.
Ça me conforte dans l’idée qu’il est tout à fait possible de courir des trails pieds nus, en tous cas des petits trails. Prochaine étape, les 15 km du Trail de la Pointe au mois d’octobre.

Publicités

7 réflexions sur “Trail Ubaye 2014

  1. Nixul dit :

    Bien joué !
    Tu rentre dans la logique de tout coureur confronté a sa limitation physique sportive. Tu peux à présent faire abstraction du côté pieds-nus pour la prochaine fois et t’inscrire dans la catégorie coureur.
    Actuellement en vacances dans les Alpes, voilà une semaine que je fais toutes mes rando en PN sans aucun problème. Prochain trail prévu un 24 bornes le 21 sept avec D+500. J’espère le gérer aussi bien que toi.
    Bravo runner lambda, au plaisir
    Runnistiquement, Nixul

    • C’est l’absence de reco qui m’a poussé à m’inscrire en randonneur, et je crois que c’était une précaution inutile. Je suis aussi dans les Alpes (du Sud) et je fais aussi toutes mes randos pieds nus. Qu’est-ce que c’est agréable !

  2. yes man !!! belle réussite puisque les chaussures sont restées dans le sac.
    belle gestion, ton expérience va tout droit se stocker dans mon cerveau pour être ressorti en 2015 ! Même si nous sommes tous différent, je te dis « Merci de jouer les cobayes pour moi !!! » 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s