Vidéo

Analyse de foulée

Après la Bandol Classic, en recherchant des photos j’ai eu la bonne surprise de trouver une vidéo filmée de l’intérieur de la course sur laquelle j’apparais pendant quelques secondes.
Elle tombe à pic, j’envisageais de me filmer pour analyser les défauts de ma foulée. Non seulement ça m’évite les tracas de mettre en place une séance avec du matériel vidéo, mais en plus comme je ne savais pas que j’étais filmé je ne m’appliquais pas particulièrement pour les besoins de la vidéo.
Ma foulée n’est donc pas biaisée.

Avant de voir ce que ça donne, je dois préciser le moment de la course où ça a été enregistré. On est à environ 2,2 km de la ligne de départ, treize minutes après le coup de pistolet. Je me suis calé sur mon allure seuil, grosso modo à 5’40 /km, et je remonte à l’intérieur du peloton.


Le poser du piedAppui trop en avant ?

J’ai l’impression que c’est bien l’avant du pied gauche qui entre en contact avec le sol, une fraction de seconde avant que le reste de la plante ne se pose. En ce qui concerne le pied droit il me semble que c’est moins net, voire que je talonne parfois, mais c’est peut-être un effet de l’angle de prise de vue. Quoi qu’il en soit ça ne m’inquiète pas.
Par contre j’ai le sentiment que le contact se fait un peu trop en avant du centre de gravité.

La poulaine

On appelle ‘poulaine’ le trajet que parcourt le pied pendant la foulée. Clairement mon pied ne monte pas assez haut, l’angle de mon genou reste très (trop) ouvert. De la même manière le pied redescend très vite, à son retour vers l’avant il est déjà proche du sol lorsqu’il croise la jambe d’appui. C’est en partie lié à la vitesse modérée, mais il y a indéniablement encore du boulot à faire sur la foulée.

Angle du genou     Croisement du pied

La posture

Mon buste me paraît légèrement ‘cassé’ vers l’avant au niveau des hanches, mais rien d’excessif.
La torsion des épaules inverse à la torsion des hanches, le balancement des bras et l’angle fermé des coudes m’ont l’air corrects. Le balancement est peut-être un peu exagéré pour une allure aussi tranquille. Les genoux restent toujours fléchis sauf peut-être dans l’extension qui précède la descente du pied avant l’impact. Le pied reste bien dans un plan vertical, lorsqu’il remonte la pointe n’est pas tournée vers l’extérieur. Par contre j’ai l’impression que je pousse sur les mollets pour me propulser au lieu de tirer sur les fessiers et les ischios.
Les orteils pointent vers le haut mais je n’ai pas l’intention de corriger ça. Je me suis déjà scalpé un gros orteil sur une aspérité alors maintenant je fais gaffe.

La cadence

Même si ça ne revêt aucune importance particulière, ça m’a amusé de mesurer le chiffre de 184 pas par minute. C’est très proche de la valeur de 180 que l’on retrouve partout dans la littérature consacrée à la foulée médio-pied. Mais ce n’est pas un critère déterminant : viser ce chiffre n’aide pas courir correctement, on constate simplement que ceux qui courent avec une belle foulée médio-pied ont généralement une cadence proche de 180 pas par minute.

Et donc ?

Dans l’ensemble je suis plutôt satisfait. Globalement je m’attendais à quelque chose de pire. Ce que je vois sur cette vidéo est loin d’être un modèle, hein, on est à des lieues de « Principles of Natural Running » de Mark Cucuzzella, mais il y a quelques bonnes surprises et puis au moins je sais sur quels points il me reste à progresser au niveau de la foulée.
Il ne me reste plus qu’à publier ce billet dans les groupes de discussions dédiés pour recueillir les avis et les conseils de spécialistes.

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11 réflexions sur “Analyse de foulée

  1. intéressant !
    – pour la cadence, KB Saxton estime que c’est 180 minimum, et que plus elle est élevée mieux c’est, il parle même de monter jusqu’à 210 (plus aucun risque de poser le pied trop en avant, mais 210 c’est quand même très rapide je trouve)
    – pour les doigts de pieds levés, c’est exactement ce qu’il recommande au moment de l’impact
    – comment bien comprendre le coup des fessiers, je n’ai pas encore trouvé la réponse…

    • Pour les fessiers, c’est simple, il suffit de tendre la jambe arrière et de pousser pour projeter le corps vers l’avant. Lorsqu’on se réceptionne sur le medio-pied, le seul moyen d’augmenter la longueur de la foulée c’est par l’arrière. Ça implique de tendre la jambe qui pousse et d’ouvrir la hanche.

      La course en côté permet de bien sentir ce mouvement pour débuter.

    • Selon Solarberg Séhel (et à condition que j’aie à peu près bien compris) au lieu de pousser sur les mollets comme font la plupart des gens, il faudrait d’une part que les ischios se contractent pour plier le genou et remonter le pied, et d’autre part que les fessiers se contractent à leur tour pour ramener la jambe vers l’arrière. Ensuite il y a l’ouverture de la hanche comme dit Karuiashi, mais c’est pas encore limpide pour moi. C’est le mouvement de balancier qui ramène la jambe pliée vers l’avant et assure la progression.

  2. Quand je lève plus les pieds vers l’arrière, j’ai l’impression que je viens frapper le sol plus durement…
    Comment t’y serais-tu pris pour te filmer? J’aimerai bien savoir à quoi je ressemble quand je cours

    • Si tu frappes le sol plus durement c’est que ton pied descend pendant son retour vers l’avant alors qu’il devrait rester assez haut (genou plié). Pas simple à réaliser.
      Sinon pour me filmer, je pensais à mettre mon appareil photo (oui, je prends des photos avec mon smartphone mais j’ai aussi un appareil photo, je dois être vieux) en mode vidéo sur un banc ou un muret au bord de la piste d’athlétisme et enchaîner des allers et retours devant.

  3. Je partage ici des captures faites par Solarberg Séhel qui me confirme sur son groupe Facebook que sur les 7 secondes de vidéo je cours avec une foulée plutôt médio-pied du côté gauche tandis que je talonne du côté droit. Étrange, non ?

    Comparaison de l'appui pied gauche / pied droit

    • je n’ai pas l’impression que tu talonnes à proprement parler. éventuellement ton talon touche le sol juste avant le reste du pied, et encore pas à tous les coups je crois. Scott Jurek pense que, bien plus important que médiopied ou talon (il s’en fout), ce qu’il faut c’est toucher le sol au niveau du centre de gravité, et c’est peut être plus ce point là que tu pourrais travailler (je mets plein de conditionnels hein moi j’en sais rien)

      • Tout à fait d’accord. C’est aussi ce que je dis dans le billet : poser le talon ne m’inquiète pas, mais je trouve que mon appui sur le pied droit se fait bien en avant du centre de gravité, jambe presque tendue, et ça c’est pas fameux.

        • Disons-le une bonne fois : poser le talon n’est pas un problème pieds nus.

          Simplement parce que si on peut le faire ce n’est pas le fait d’une mauvaise foulée mais parce que les retours sensoriels des capteurs nociceptifs le permettent. Là tu es sur un revêtement lisse et à faible vitesse, un peu plus qu’une marche rapide, poser le talon n’a rien d’anormal ni de préjudiciable pour le reste du corps. Tu serais sur un chemin avec cailloux, tu ne poserais pas le talon, tu ne pourrais pas. Pieds nus contrairement à la course chaussée, les informations sensorielles fines permettent de poser le talon sans frapper le sol. On pose.

          Par contre ton pieds est un peu trop en avant. Je pense que c’est parce que ta course manque un peu de rebondis, tu rases un peu trop. Fais des séances en côtes ou du sprint pour acquérir une foulée plus dynamique et muscler les fessiers, les seuls muscles indispensables pour l’autopropulsion.

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