Les Foulées sanaryennes 2014

Le premier dimanche de mai, c’est l’IBRD, la journée internationale de la course pieds nus. Il y a une quarantaine d’animations réparties sur les cinq continents mais la plus proche est à plusieurs heures de voiture de chez moi. D’un autre côté je n’ai pas besoin de grand chose pour courir pieds nus et il y a justement un 12 km organisé pas très loin.
Je m’inscris sans aucun objectif de chrono et, puisque le but avoué est de promouvoir la course pieds nus, je décide même de rejoindre la ligne de départ en courant, ce qui porte la distance totale à 25 km.

07h50

J’enfile tout mon attirail : cuissard, short, ceinture cardio, montre, lunettes de soleil, casquette et pour que la panoplie du barefooter soit complète, le t-shirt vert pétant aux couleurs de l’IBRD sur lequel j’ai fixé mon dossard. J’emporte aussi 2 tubes de gel étant donné la distance assez conséquente que je prévois de courir.

08h06. Je démarre le chrono et m’élance pour le trajet de presque 7 km jusqu’à la ligne de départ. J’y vais tranquillement, sans forcer, à 74% de ma FCM.

08h33. Un gars me double et m’interpelle sur mon absence de chaussures. On discute une petite minute, lui aussi fait le trajet en courant pour rejoindre la ligne de départ. On est encore à une demie heure du signal du départ mais on se souhaite déjà une bonne course.

08h55

Je suis ‘sur zone’, dans la foule des coureuses et coureurs. J’arrive au moment où le speaker annonce que le départ est différé de quelques minutes car il y a encore des personnes qui font la queue pour retirer leur dossard. L’attente n’est effectivement pas très longue et bientôt le départ du 6 km est donné. Le peloton des inscrits au 12 km se met en place très vite sur la chaussée et comme à mon habitude je reste tout au fond. Pas envie de me faire écraser les arpions dans le milieu du troupeau.

09h06. Le speaker nous prévient que seulement 300 m après le départ une première côte va déjà étirer le peloton. Quand retentit le coup de pistolet je déclenche le Polar et très vite je commence à zigzaguer entre les concurrents. C’est le principal désavantage de partir tout au fond : on doit remonter tous les touristes qui papotent plus qu’ils ne courent et qui occupent bien souvent toute la largeur de la route.

Profil de la course

Profil de la course

09h08. La première côte est là, 6% pendant 400 m d’après la trace GPS, et elle est étire effectivement le peloton. Je ne prête aucune attention à mon allure ni à ma fréquence cardiaque et continue de me faufiler, dépassant des dizaines de coureurs dans cette montée.

09h13

BullittAprès une descente tout aussi pentue, au détour d’un virage je comprends que quand le speaker parlait de « première côte » c’était le mot première auquel il fallait prêter attention. La course est une succession de montées et de descentes raides, séparées par des virages à angle droit. Un véritable hommage pédestre à la célèbre poursuite automobile du film Bullitt où Steve McQueen pourchasse des criminels dans les rues de San Francisco.

Je continue pourtant d’appliquer la même technique qui consiste à garder une allure constante là où la majorité applique plutôt un effort constant.
Dans les descentes je souffle un peu pendant que les autres allongent leur foulée et me dépassent à toute allure. Il y a un gars notamment qui prend des appuis à plein talon après des enjambées de deux bons mètres et en mon for intérieur je présente mes plus sincères condoléances à ses genoux.
Dans les montées par contre, je relance pour garder la même allure et je repasse devant ceux qui m’ont doublé dans la descente. Cette technique du yo-yo fonctionne plutôt bien puisque je double plus que je ne suis doublé.

09h31

Après un gobelet d’eau au premier ravito je décide de prendre un des gels que j’ai emportés. Même si on n’est qu’au tout début du 5e km de course, si j’ajoute le trajet depuis chez moi cela porte la distance courue à 11 km. Un gars courant à ma hauteur en profite pour ôter un écouteur de son oreille et engager la discussion :

« C’est vous que j’ai vu à Tamaris ?
— Oui, j’y étais.
— Et à Hyères ?
— Hyères aussi, j’ai couru le semi.
— C’est bien, chapeau !
— Merci »

Ça confère une grande visibilité de courir pieds nus. Des tas de gens me reconnaissent que je serais bien en peine de reconnaître à mon tour. Désolé si on s’est déjà croisé sur une course et que je ne vous salue pas, ce n’est pas par snobisme, c’est juste que vous êtes plus difficiles à identifier.
Au Sri-Lanka vous ne me reconnaîtriez pas non plus, étant donnée la proportion de coureurs pieds nus. Il y en a même qui talonnent furieusement. Au passage je vous recommande l’excellent blog ‘My Trail to San Francisco‘ dont est extraite cette photo.

Marathon de Colombo, au Sri-Lanka

Marathon de Colombo, au Sri-Lanka

09h45

On a passé la mi-course et les cuisses commencent à rechigner à relancer dans toutes ces montées. Le revêtement de l’allée Marie-Antoinette est assez rugueux et de là le parcours bifurque sur l’allée Mireille recouverte de gravier. Je lance à la cantonade « Chouette ! enfin des cailloux » mais c’est une fanfaronnade, en réalité j’espère que le chemin ne sera pas très long. Je peux maintenir mon allure pendant deux ou trois cents mètres mais au-delà ça va commencer à piquer et ça deviendra compliqué. Aujourd’hui j’ai de la chance, le gravier est très fin, presque du gros sable, et tapissé par endroits d’aiguilles de pin. Que du bon.

10h07

Mis à part le deuxième ravito où j’ai marché un peu le temps d’engloutir un gobelet de Coca, un carré de chocolat, un abricot sec et un biscuit TUC qui m’a desséché les lèvres, je garde des kilomètres 8, 9 et 10 le souvenir confus d’une succession de montées et de descentes. Tout à fait à l’image de la course. Je n’ai aucune idée de mon temps aux 10 km, je ne regarde mon chrono que très rarement, surtout pour vérifier ma fréquence cardiaque bien que je sache d’après les sensations qu’elle est dans le rouge. Et de toute façon je n’en tiens aucun compte. Je pense aux 7 km qui m’attendent après la ligne d’arrivée et je laisse filer. Mon allure est plus proche de 6’20 /km que des 5’40 /km de la première moitié du parcours mais ça me va bien. Je suis là pour le fun.

10h12. Un nouveau virage à angle droit et se dresse devant nous la montée du commandant Blouet. Un raidillon à 15% qui m’achève. Je termine l’ascension en marchant quelques mètres. Ensuite c’est une descente en pente douce. Quelques marches sur lesquelles est posté le photographe amènent au bout du port, il reste à contourner un pâté de maisons et voilà la ligne d’arrivée.

10h18. Je stoppe le Polar au passage sous l’arche. Le chrono officiel affiche 1h11 et des miettes. Je me dirige vers le ravito d’arrivée où je prends quelques minutes pour refaire le plein et avaler également mon second gel.

Parcours

Parcours du 12 km des Foulées Sanaryennes

10h24

Je ne m’attarde pas plus et me mets en route pour le trajet retour avant que les muscles ne refroidissent et refusent de se remettre au boulot. L’aller était en légère descente et c’est évidemment dans l’autre sens que le dénivelé est le plus perceptible. Il n’y a que 1,5% de pente mais ça monte continûment et j’ai déjà 18 km dans les pattes. Ajoutons à ça que le soleil est désormais haut dans le ciel, j’ai chaud et j’ai l’impression de me traîner à la vitesse d’une limace. En réalité je cours à 7’26 /km, allure assez proche des 7’07 /km du trajet aller, mais je suis loin d’être aussi frais.
Lorsque je coupe le chrono j’ai parcouru un total de 25,2 km en 2h50. Une bien belle manière de marquer cette journée internationale de la course pieds nus.


Les clés de la course

Distance : 11,6 km
Chrono : 1h11
Dénivelé : 220 m

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12 réflexions sur “Les Foulées sanaryennes 2014

  1. T’as été reconnu par des coureurs, je dirai que pour ce qui est de la promotion de la course pieds nus c’est plutôt réussi. 😀
    Jolie sortie!

    • Je ne passe pas exactement inaperçu et c’est ma cinquième course pieds nus dans les environs. Une partie des participants réguliers m’a déjà croisé, surtout ceux qui courent plus ou moins à la même allure que moi. C’est vrai que côté visibilité c’est plutôt une réussite.

  2. Performance impressionnante, et qui compte pour IBRD – je l’indiquerai dans mon rapport d’animations pour la France ! Merci d’avoir pris la peine de participer à notre journée 😉 Christian

  3. Coucou! Plus ça va et plus tu me donnes envie de courir pied nu… Je vais tester l’allée devant mon immeuble en revenant un de ces jours…

    • C’est la bonne saison pour le faire, et essayer n’engage à rien 😀
      Pour une première expérience choisis une surface aussi dure et lisse que possible (pas de sable, ni de gravier ni même d’herbe, contrairement à ce qu’on serait tenté de choisir) et limite-toi à quelques centaines de mètres maximum.

  4. scratchtype1 dit :

    Vi havis bonegan kuradon je la Tago de Kurado Nudpieda. Mi ŝatas la priskribon pri la montetoj kiel esti ĉi tiuj montetoj de Bullit, kiu havas unu el la plej bonegaj autoĉasoj kiun mi iam ajn spektis.

      • scratchtype1 dit :

        Jes, mi kuradis proksimume 6.5 kilometrojn je la lasta dimanĉo. Do, ne tiom da distanco kiel vi faris, sed suficxe al mia volo je tiu tago. Estas belega tempo nun por kuradi. Cxi tiu lasta vintro estis tre kaj tro longa cxi tie.

    • Venant d’un gars qui a couru 20 km chaque jour pendant quasiment un mois entier l’été dernier, et qui enchaîne les marathons ces temps-ci, je prends ça comme un compliment 😉

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