Sortie n°474

Vue des hauteurs de Bandol

Vue des hauteurs de Bandol

Le premier objectif de l’année est passé, le prochain défi est de prendre le départ de la Bandol Classic au mois de juin. Pieds nus évidemment. J’ai participé aux trois dernières éditions (chaussé) donc je sais à quoi m’attendre du côté du dénivelé (220 m) et de la température (à 18h00 à la mi-juin il fait encore pas loin de 25°C). La grande inconnue c’est ma capacité à courir pieds nus sur les trois kilomètres où le parcours quitte le bitume pour des sentiers caillouteux.
Je profite du temps splendide pour effectuer une reconnaissance de ce secteur, avant que n’arrivent les pluies que la météo nous annonce pour le reste du week-end.

Je gare ma voiture sur le bord de la route à cinq cent mètres en contrebas du ‘sentier des chasseurs’, et ce demi-kilomètre de bitume me sert d’échauffement. Au moment où je passe sous la barrière je déclenche un tour manuel sur le Polar, comme ça j’aurais une indication précise de la distance et du temps passé sur le sentier. Dès le premier mètre ça devient très difficile. Le chemin n’est que de la caillasse et il n’y a pas vraiment de quoi poser le pied à plat. Ni même l’avant du pied seulement. J’alterne la course et la marche. Enfin, ‘course’ est un grand mot. C’est un petit trot sur quelques pas dans le meilleur des cas. Puis arrive le tunnel sous la voie ferrée. La voûte est plutôt haute et la clarté du jour suffit à distinguer les grands blocs de pierre taillée qui composent le sol. Je prends soin de courir sur les larges parties claires et j’évite les zones plus sombres.

CaillouxAprès la sortie du tunnel le sentier est plutôt agréable : de la terre compactée et des aiguilles de pin. Je trottine à une allure décente.
Mais ça ne dure que quelques dizaines de mètres avant que la caillasse n’envahisse le terrain. Attention, pas de la caillasse naturelle, la plupart du chemin est recouvert d’une couche de tout-venant rapportée. Il y a là toutes les tailles, du gravillon gros comme une bille à la caillasse de la taille d’un ballon de handball. C’est une calamité pour courir. D’ailleurs je ne cours plus. Je ne peux pas scanner les alentours assez vite pour repérer des endroits où poser les pieds de manière sûre donc je fais de toutes petites foulées et je maintiens mon équilibre en battant des bras et en me contorsionnant pour soulager mon appui quand les cailloux sont pointus.

Cailloux Bref je suis crispé, je me fatigue pour pas grand-chose et je décide de marcher. En gardant toujours un pied au sol j’ai le temps de trouver des appuis stables et la vitesse n’en pâtit pas trop. Enfin, vitesse n’est pas le terme approprié. Le Polar affiche souvent une allure au-delà de 20′ /km et parfois il affiche même 0’00, signe que je ne vais pas assez vite pour qu’il puisse mesurer mon déplacement. Démoralisant. Je pense au jour de la course et j’imagine le pauvre serre-file marchant à mes côtés, dépité. À moins qu’il ne m’abandonne à mon triste sort et rejoigne les traînards qui courent, eux.

Cailloux

Un vrai champ de cailloux

Le sentier des crêtes est du même acabit que la montée. Dans mon souvenir il était un peu moins caillouteux, donc un peu plus praticable, mais ce n’est pas le cas. Je cours par portions de cinq ou six mètres profitant de toutes les étendues de terre compactée, d’herbe ou d’aiguilles de pin. J’atteins le point culminant et je fais une pause pour profiter du paysage. Face à moi la Méditerranée, à gauche la baie de Bandol et le cap Sicié au loin (photo en haut), à droite la Ciotat et son Bec de l’Aigle.

Un peu de repos

Un peu de repos avant la descente

Cette pause est aussi l’occasion de reposer mes pieds. Après un an de course pieds nus mes plantes de pied peuvent encaisser pas mal de choses, elles n’ont pas souffert du semi-marathon dimanche dernier, mais les petits chocs répétés depuis plus de deux kilomètres et demi deviennent douloureux à la longue. D’autant plus qu’il reste encore la cerise sur le gâteau : la descente du Roustagnon avec ses 10% de pente… recouverte de caillasse vous l’aurez deviné.
La descente du Roustagnon

Descente du Roustagnon, ou caillasse avec vue sur la Méditerranée

Dans la descente la progression n’est pas facile, même en marchant. À chaque appui tout le poids du corps porte sur l’avant du pied et il y a toujours deux ou trois cailloux qui traînent. Il me faut dix minutes pour parcourir les 300 derniers mètres de la descente. Je retrouve avec plaisir le bitume. J’appuie sur le bouton du Polar pour marquer la fin du tour et je peux enfin courir jusqu’à la voiture.

Conclusion

Selon le GPS j’ai parcouru 3 140 m de sentier en 59’16", soit une allure moyenne de 18’45 /km.
Lors de l’édition 2013 de la Bandol Classic il m’avait fallu 26’56" pour parcourir la même section du tracé. Ça m’a pris trente-deux minutes de plus aujourd’hui, pieds nus, ce qui transformerait mon chrono 2013 de 1h22 en 1h54.
Je suppose qu’il peut y avoir une certaine marge de progression. Mais en huit semaines combien de minutes est-ce que je peux gagner ? Est-ce que je peux gagner du temps d’ailleurs ? Si je me fie aux sensations je ne vois pas comment aller plus vite sur ce type de terrain. Est-ce que ça vaut le coup de m’infliger ça ? J’avoue que je suis assez dubitatif pour l’instant. Ce qui n’empêche pas que dès mercredi j’y retourne pour voir si 4 mm de caoutchouc changent la donne.

Résumé

Distance : 4,7 km
Chrono : 1h10
Dénivelé : 130 m


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11 réflexions sur “Sortie n°474

  1. Je suppose que t’as trifouillé un peu sur des forums de barefooters voir si certains arrivaient à être à l’aise dans les cailloux non? Y en a qui ont développé des pieds de hobbit?

    • Certains courent sur des chemins, mais l’histoire ne dit pas à quoi ressemblent leurs chemins. Sur de la terre ou du sable stabilisé je m’en sors aussi. Sur du gravier j’ai encore des difficultés, et sur la caillasse je galère. Je vais essayer en chaussures (j’en ai acheté pour ça cet été d’ailleurs) pour voir si ça apporte une amélioration notable.

  2. Gégé dit :

    Pour connaitre aussi vraiment cette caillasse varoise qui est terrible pour les pied et pour avoir déjà testé pas mal de fois, je pense que tu ne vas pas gagner beaucoup (voire pas) de temps, qu’en plus lors de la course tu vas tenter malgré tout de donner plus et risquer d’avoir encore plus mal, au risque pas la suite de perdre du temps sur le reste du parcours…. Perso je prends toujours une paire de VFF et même avec ça tu ressens toujours les aspects rugueux et coupants de cette caillasse. Alors à toi de voir, je te donne mon avis en connaissance de cause (sans vouloir te décourager) car pour moi le pieds nus doit rester un plaisir et dans ces conditions, je n’en prends pas. 😉

    • Tu écris assez précisément ce que j’en pense. Mais en ce moment je pousse le bouchon un peu plus loin en faisant rimer courir avec pieds nus. S’il me fallait courir chaussé je crois que bien souvent je préfèrerais ne pas courir du tout.
      Là j’hésite car la Bandol Classic c’est 9 km de bitume pour 3,5 km de caillasse. Le rapport 3/4 pieds nus pour 1/4 chaussé me paraît un compromis acceptable.
      Je vais faire le même parcours avec des chaussures (des minimalistes achetées l’été dernier, voir lien dans ma réponse plus haut) et aviser ensuite. Si le gain en temps est appréciable il se peut que j’emporte des chaussures pour la partie caillouteuse.

  3. laroutedelaforme dit :

    Ces cailloux semblent bien trop coupant pour pouvoir gagner du temps en courant… En plus, l’adrénaline de la course va te faire oublier ton appréhension et ça peut aller à la blessure. Après c’est tentant de le faire pieds nus et de chausser pour cette portion…
    A ta place je ne risquerais pas le pieds nus sur ces cailloux 😦

  4. P’tit joueur 🙂 Sans dèc, je sais pas comment tu fais ! Est ce que te tanner les pieds chimiquement pourrait t’apporter quelquechose ? Genre randopat ou autre ?

    • Acide picrique, sulfate de zinc et sels d’aluminium ? Non merci. J’ai testé le jus de citron l’année dernière, mais je n’ai aucune idée de l’efficacité du procédé. Ça aurait peut-être été pareil sans.
      Je préfère partir du principe que l’on progresse là où on s’entraîne. Donc pour mieux courir sur du kipik j’ai l’intention de m’entraîner sur du kipik. Ça prend beaucoup de temps, et si je n’ai pas suffisamment progressé en juin pour la course, je m’inscrirai à l’édition suivante en 2015.

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