Semi-marathon d’Hyères 2014

Curieusement j’ai déjà couru deux marathons mais jamais de semi-marathon. Comme je recommence les distances à zéro depuis que je cours pieds nus c’est l’occasion de combler ce manque. Mon premier objectif de l’année est donc le semi-marathon d’Hyères dont le profil est quasiment plat.
Après douze semaines d’un pseudo-plan d’entraînement au feeling représentant tout de même 45 sorties et 380 km, le jour J est arrivé. La météo est idéale : 14°C au moment du départ, un ciel légèrement voilé et très peu de vent. J’ai réduit mon volume d’entraînement les dix derniers jours et je n’ai pas couru depuis mercredi histoire d’arriver sur la ligne de départ chargé à bloc, prêt à en découdre.

Côté chronomètre

L’objectif que je me suis fixé est de courir ce semi-marathon en moins de deux heures soit à une allure de 5’40 /km. Cependant pour avoir une certaine marge de manœuvre j’ai choisi une allure cible de 5’36 /km qui me laisse en tout 1’50 » pour absorber le ralentissement du départ et les passages aux ravitos tout en restant sous les 2h00.
5’36 » donne des repères assez faciles à mémoriser : 28′ aux 5 km, 56′ aux 10 et 1h24 aux 15. Ensuite ce sera aux sensations.

km 1 : 6’17
km 2 : 5’40
km 3 : 5’31
km 4 : 5’41
km 5 : 5’37

Je passe les 5 km en 28’46 » c’est-à-dire avec quarante-six secondes de retard sur l’objectif. La faute au temps perdu dans le peloton au départ, rien de grave c’était prévu.

km 6 : 5’34
km 7 : 5’41
km 8 : 5’40
km 9 : 5’37
km 10 : 5’39

56’57 » aux 10 km, c’est un retard de presque une minute. J’ai consommé la moitié de la marge prévue et on est presque à la mi-course. Sur ces bases-là l’objectif de 2h00 reste tout à fait possible, mais je n’y crois plus. Je peine à tenir mon allure. Ce n’est pas que je sois hors d’haleine ni perclus de douleurs, au contraire les sensations sont plutôt bonnes. Mais je n’arrive pas à me caler sur l’allure, à chaque coup d’œil le chrono affiche 5’45 ou 5’50 et du coup je relance à tout bout de champ.

km 11 : 6’25
km 12 : 5’47
km 13 : 5’53
km 14 : 5’55
km 15 : 5’42

1:26’39 » au 15e km c’est près de 2’39 » de retard. J’ai clairement abandonné l’objectif de chrono, je sais que je dépasserai les 2h00 de quelques minutes. Je marche au deuxième ravito, perds quelques secondes sur le bitume assez dégradé du chemin de la Rivière aux 12e km et 13e km, ramasse et remets en place le velcro qui maintient la puce après qu’il s’est détaché au kilomètre suivant. Tout ça s’additionne et le chrono dérive.

km 16 : 5’47
km 17 : 5’48
km 18 : 6’01
km 19 : 5’50
km 20 : 5’47
km 21 : 6’02

Je tente d’accélérer sur la fin mais mon mollet droit me signale son refus. Il est au bord de la crampe et je n’insiste pas. Au passage sur le tapis de chronométrage mon Polar donne un temps total de 2:03’31 » pour 21,4 km. C’est une petite déception, mais elle est éclipsée par la satisfaction d’avoir bouclé mon premier semi pieds nus et à plus de 10 km/h.

Côté ravito

J’ai réalisé aujourd’hui que je ne suis pas foutu de manger ni de boire en courant. Donc soit je bois deux gorgées maximum soit je m’arrête et je marche. Autant sur un 10 km ce n’est pas trop gênant, autant sur un semi je m’aperçois que c’est un point qui mérite d’être amélioré.
J’ai également réalisé que le fait de tenir quelque chose à la main me perturbe dans ma course. D’abord un tube de gel vide entre le 7e et le ravito du 10e puis une bouteille d’eau après le ravito du km 15. Ça m’empêche de balancer les bras librement et ça un effet direct sur mon chrono. Je crois que j’emporterai mon Camelbak la prochaine fois que je cours plus de 15 km.

Côté sensations

Les sensations étaient très bonnes. Excellentes même.
Bon, quelques groupes musculaires ont protesté. Le mollet droit d’abord, un peu sensible à partir du douzième kilomètre et que je sentais au bord de la crampe quand j’ai voulu augmenter l’allure au 18e. Les cuisses ensuite, se faisaient de plus en plus lourdes au fil des relances. J’ai bien cru ne jamais pouvoir repartir après mon arrêt au dernier ravito à 17,5 km. La ceinture abdominale ensuite et plus particulièrement le bas du dos se sont fait sentir après la course.
La bonne surprise, la très bonne surprise même, c’est que du côté des pieds nada. Je m’attendais à un échauffement conséquent après une telle distance à cette allure. Je pensais que la plante des pieds serait sensible pendant quelques heures, comme à l’entraînement, voire pendant quelques jours. Mais non, rien du tout.
Bon si, un petit échauffement sous le quatrième orteil du pied droit, mais en examinant tout ça plus tard, sous la douche, je n’y ai pas trouvé d’ampoule. Par contre mon talon gauche présente de jolies traces d’abrasion.

De cette liste de douleurs et de bobos, je tire comme conclusion que ma foulée est loin d’être optimale. Ok, ça je le soupçonnait déjà fortement. Mais surtout ça va me permettre de déterminer ce que je dois modifier. Les mollets tirent parce que je les utilise trop pour me propulser alors que je devrais remonter le pied avec les ischios et tirer le genou en arrière avec les fessiers. Le bas du dos douloureux doit indiquer que je cours trop penché en avant. Ou en arrière, il faut que je retourne potasser mes bouquins. L’échauffement sur l’orteil c’est le signe que je griffe le sol parce que ma cheville fait pivoter mon pied, et l’abrasion sous le talon c’est certainement que je talonne encore pas mal ou que je ne lève pas le pied assez haut.
Reste la dissymétrie : talon gauche, mollet et orteil droits. Je dois être tout de travers et je vais considérer l’idée d’aller voir un osthéo.

Côté social

Mes pieds nus ont encore attiré l’attention, on pouvait s’en douter.
J’ai entendu certaines réactions que ça suscitait et certaines discussions quand on me croyait trop loin pour entendre. Rien de bien méchant. J’ai beaucoup ri quand un passant que je venais de dépasser a lancé à ses enfants  « Oh, regardez , il court pieds nus ! » et que sa fille ado a rétorqué, je suppose après avoir tourné la tête, « Beurk ! ».
J’ai répondu à plusieurs dizaines de questions ou de vannes. J’ai tapé la discute avec différents coureurs et coureuses tout au long du parcours, toujours sur le même sujet, mes pieds nus. À 500 m de l’arrivée un gars m’a rattrapé avec qui j’avais un peu discuté vers le 8e km je crois, qui m’avait dépassé et que j’avais repris par la suite. On s’est encouragé l’un l’autre, on a abordé le dernier virage ensemble et on a passé la ligne à peu près en même temps.
Bien plus que le chrono, je crois que ce sont ces moments d’échange et de partage avec de parfaits inconnus qui continuent de m’attirer sur les compétitions.

Et après ?

Parlant de chrono, je n’ai justement plus aucun objectif chronométrique jusqu’à septembre ou octobre.
Je suis inscrit sur un 12 km début mai, mais ce sera juste pour le fun. Puis je courrai probablement la Bandol Classic en juin, et là le défi sera de courir pieds nus sur des chemins caillouteux avec un dénivelé non négligeable. Après ça j’étudierai de plus près le planning du second semestre.


Les clés de la course

Distance : 21,4 km
Chrono : 2:03’31 »

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7 réflexions sur “Semi-marathon d’Hyères 2014

  1. Félicitations pour ce premier semi-marathon pieds nus! Etonnant que tes pieds ne soient pas plus sensibles que ça, mais bonne nouvelle pour le futur marathon pieds nus (bon même si c’est deux fois la distance). 😀
    Et les réactions des gens me feront toujours délirer…

    • J’en suis le premier surpris. Aucune douleur ni aucune hyper-sensibilité sur les pieds. Pour le marathon inscrit en octobre sur mon calendrier, j’aviserai fin juin. Dans l’immédiat je ne crois pas pouvoir viser mieux que 4h20, et je me demande si ça vaut le coup de passer 4 mois à préparer un chrono qui ne m’inspire pas plus que ça.

  2. Pas de souci côté pieds, mais j’ai eu des courbatures aux mollets pendant 4 jours. Il m’a fallu attendre jeudi pour marcher sans être trop raide !

  3. wé wé wé !!! trop bon, bravo pour les pieds qui arrivent frais à l’arrivée, la preuve que tu as eu la patience suffisante avant de te lancer sur la distance (contrairement à moi sur mon premier semi..)

    pour les mollets, c’est exactement ça, plus de hanches, plus de fessiers, tu connais surement les videos de Mark Cucuzzella…

    en tous les cas, super, ça fait vraiment plaisir

    • Merci !
      Je connais les vidéos de Cucuzella. Ce qui me manque, ce sont des vidéos de Lambda pour pouvoir comparer 😀
      Je vais m’y atteler dans les semaines qui viennent, mais je crains que les premiers rushes ne soient pas beaux à voir. Il doit y avoir des tonnes de trucs à corriger.

      • j’ai l’impression que c’est plus facile de ressentir et de comprendre ces histoires de hanches fessiers à une vitesse de 12 ou 14 km/h, que à 9 km/h comme quand je fais mes sorties douces

        • Je me suis fait la même réflexion. Dès que je me concentre sur ces muscles-là je remarque que ma vitesse augmente. À moins de 10 km/h l’amplitude des mouvements n’est probablement pas assez grande pour que l’effet soit notable. Si je me souviens bien c’est aussi ce que dit Solarberg Séhel. Il faudra que je me replonge dans son bouquin.

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