Ma première compèt’

Runazur Cup 2011Après la première sortie, il est un autre événement marquant pour un coureur ou une coureuse, je veux parler de la première compétition. La mienne était le fruit d’un concours de circonstance plutôt qu’une démarche préméditée.
Me voyant courir entre midi et deux, un collègue de bureau me propose de participer avec lui et un groupe de copains aux 10 km de Tamaris au mois d’octobre. On est alors en mars, l’échéance est lointaine mais l’idée fait son chemin très rapidement. Et pourquoi pas ? Pour l’instant je n’ai jamais couru plus de 7,5 km et ma distance moyenne avoisine plutôt 5 km. Dix ça fait long quand même.
À peu près au même moment j’entends parler d’un 10 km prévu pour fin avril tout à côté de chez moi. C’est une occasion à saisir et je m’inscris avant de trop y réfléchir et de trouver plein de bonnes raisons de ne pas le faire.

Y a plus qu’à !

Je récupère un certificat médical d’aptitude, remplace mes Kalenji Ekiden 75 par des Mizuno Wave Fortis 4 et décide de courir 10 km juste « pour voir ce que ça donne ». Pour ça j’imagine une technique imparable. Oubliés les tours du quartier, il m’en faudrait quatre pour parcourir la distance et je ne veux pas prendre le risque de laisser tomber à la fin du deuxième ou du troisième. Après avoir repéré la distance sur Google Maps, j’emprunte la piste cyclable jusqu’à arriver à 5 km de chez moi. Et là je n’ai plus d’autre choix pour rentrer que de faire demi-tour et courir de nouveau 5 km. Imparable je vous dis ! Je boucle le parcours en 1h04′, puis la semaine suivante un parcours similaire en 1h09′. Bien. Je vais viser un chrono d’une heure, soit une allure de 6’00 /km.
On est à deux semaines de la course, en guise de préparation je cours les 6 sorties restantes à cette allure sur ma distance habituelle de 5 km.

Le jour J

Le quartier grouille de gens en short et en baskets, une multitude flashy qui donne à la zone de départ un air de carnaval. Beaucoup s’échauffent, seuls ou en grappes colorées. Je suis adossé à un mur et je ménage mes forces. Dix kilomètres c’est beaucoup, je serai satisfait de seulement passer la ligne d’arrivée après une fin de parcours assez vallonnée. Le premier kilomètre fera office d’échauffement. Pas la peine de dépenser de l’énergie inutilement.
J’ai beau regarder les autres participants je ne reconnais aucun visage. J’ai l’impression de détoner au milieu de tous ces gens qui semblent à l’aise. Comme un cheveu sur la soupe.

Le départ

Le départ

Au bout d’une éternité le speaker nous demande de rejoindre la zone de départ et à partir de là tout s’enchaîne assez vite. Le signal du départ, la meute qui se met en route rang après rang. Au pas d’abord, puis au trot. Je reste à la hauteur des coureurs aux côtés de qui je suis parti. Je profite de l’ambiance, du public qui nous encourage et nous photographie.
Au premier rond-point la circulation est coupée pour laisser la place aux coureurs. Je trouve ça génial d’avoir toute la largeur de la route pour courir. J’aperçois le marquage au sol indiquant le premier kilomètre. Ça descend et je m’emballe, j’allonge la foulée et double un paquet de gens. Je le paye deux kilomètres plus loin sur la promenade longeant la plage. Ça devient dur, l’acide lactique s’accumule déjà et les muscles tiraillent.
Au premier ravito j’attrape un gobelet tout en courant, je sais intuitivement que si je coupe mon effort j’aurais du mal à relancer.

La première côte se présente et les difficultés commencent. Cette seconde moitié du parcours est plutôt vallonnée et j’ai du mal à alterner phases de relâche en descente et phases de relance en côte. J’ai le souffle court et les cuisses et mollets qui tirent douloureusement. Au deuxième ravito je prends le temps de marcher pendant que je récupère et vide mon gobelet. À partir de là j’alterne la course sur le plat et en descente et la marche pendant les montées. Je prends quelques secondes pour souffler et discuter avec les bénévoles du troisième et dernier ravito au kilomètre 9. La fin du parcours est sinueuse mais tout en descente, je passe en mode ‘footing léger’. Deux coureuses me dépassent, j’essaie de m’accrocher à leurs pas mais c’est trop rapide pour moi. Je les laisse filer.

Finisher !

Au passage sous l’arche gonflable je coupe le chrono de ma montre. 1h05’52 ». C’est assez loin de mon objectif de courir en une heure et même si je suis fier d’être arrivé je suis un peu déçu de cette ‘contre-performance’ toute relative. Avec le recul, quand je regarde mon manque de préparation d’une part et le dénivelé du parcours d’autre part je me dis que c’était pas si mal.
Je récupère le t-shirt de l’épreuve, l’enfile et rentre chez moi fourbu. Ça y est j’ai mis le doigt dans l’engrenage. Attrapé le virus. En octobre suivant je remets ça comme prévu avec mon collègue de bureau aux 10 km de Tamaris. Puis je participe à mon premier trail en décembre.

J’ai une seule photo de cette première compétition à laquelle j’ai participé. De manière assez inexplicable elle est très mal cadrée et je suis totalement flou. Comme si l’attention du photographe avait été attirée ailleurs…

Ma première course

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7 réflexions sur “Ma première compèt’

  1. Ouais pour la première, faut pas trop réfléchir. Après on peut commencer à choisir ses courses avec plus de « soin ».
    Jolie première course!
    (Et y a rien de moins objectif qu’un photographe, ah ah, attention y a un jeu de mot, et je suis obligée de le préciser tellement il est merdique) (oui, j’ai honte)

    • En plus c’était une course pour la bonne cause. Les bénéfices ont servi à financer l’installation de défibrillateurs dans les lieux publics. Dommage qu’il n’y ait jamais eu de deuxième édition.
      Est-ce que tu sous-entends que l’objectif du photographe serait en fait un subjectif ? Je trouve ça rigolo comme idée.

  2. Super récit de course, dans lequel je me reconnais à l’avance pour mon premier 10km le 26 janvier…
    J’ai aussi comme objectif moins d’une heure, on verra… l’essentiel reste tout de même de finir la course !

    • On a plus ou moins tous commencé comme ça. Mais où s’arrêtera-t-on ?
      Deux ans et demi plus tard je m’apprête à prendre demain matin le départ de ma dix-septième course.

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