Sortie n°415

Programme

20′ à EF, 3x (6′ à 5’25 /km, récup 2′) en nature

Dimanche

Je n’ai aucune envie de suivre le programme aujourd’hui. J’ai envie d’une sortie longue. D’une vraie sortie longue qui me changera des sempiternels 10 km dominicaux.
Je passe un moment sur Google Maps à tracer des itinéraires dans la forêt de Janas et j’arrive à un parcours mixte d’un peu plus de 16 km dont onze de route départementale et cinq de piste incendie. Ça fait beaucoup par rapport à ma plus longue sortie pieds nus de 13,5 km mais ça devrait être possible.

Toulon et le mont Faron vus de la forêt de Janas

Toulon et le mont Faron vus de la forêt de Janas

8h06

Il fait à peine 5°C quand je gare la voiture sur le parking devant les commerces et je me félicite d’avoir choisi un t-shirt doublé à manches longues. Le démarrage est laborieux, les sensations pas terribles. Je trouve l’asphalte râpeux. Le premier kilomètre passe en 7’49 », même pour de l’endurance fondamentale c’est assez lent.
À Fabrégas je quitte la route trop étroite pour le chemin qui la longe. La terre est très grasse et reste collée sous mes pieds en larges blocs. Pas facile d’avancer avec ces semelles de glaise, je ne suis pas fâché de revenir sur la route deux cent mètres plus loin. Puis j’attaque les 4 km de montée vers la chapelle du Mai par la route départementale, à un petit rythme pépère. Lent, mais quand même assez rapide pour rattraper et dépasser un groupe de randonneurs.

9h04

Bientôt une heure de course, j’arrive au point culminant de mon parcours avec 200 m de dénivelé positif et je n’ai parcouru que 7,5 km. Jusque là je me suis bien économisé. Il me reste 2 km avant de bifurquer sur la piste incendie, je vais forcer un peu l’allure dans la descente.
Ou pas. La route sur ce versant du massif est beaucoup moins empruntée et son revêtement est très dégradé. Ça pique sous les pieds. Dans ces virages serrés sans visibilité je cours au centre de la chaussée et je me retourne fréquemment. Dès que je crois entendre une voiture ou un groupe de cyclistes je stoppe et m’écarte sur le talus. Mon allure chute au-delà de 8′ /km. Pendant quelques minutes je suis sur le point de rebrousser chemin, couper par les Oratoires et rallier le parking par le plus chemin le plus court.
Mais quelques rencontres m’en dissuadent. D’abord un trailer accompagné d’une cycliste, je ne vais pas faire demi-tour sous leur nez et leur emboîter le pas. Puis un groupe de cyclistes dont un s’extasie « Ouah, pieds nus, t’es le meilleur ! » et enfin deux trailers qui m’encouragent à leur tour en me dépassant. Entre temps j’ai passé le neuvième kilomètre et descendu 70 m de dénivelé, si je fais demi-tour maintenant je dois remonter tout ça, bizarrement je n’en ai plus très envie. Chemin faisant je me suis fait à l’idée que mon parcours d’aujourd’hui dépassera allègrement deux heures.

9h24

Voilà la bifurcation.
C’est ici que je quitte le bitume pour la terre et la caillasse. J’ai laborieusement parcouru 9,5 km en 1h17 et c’était la partie facile. Je me lance sur 5 km de piste incendie dont une bonne partie que je ne connais pas, et ensuite il me restera 1,5 km de bitume pour retourner à la voiture.
De toute façon comme je n’ai pas emporté mes Zem je n’ai que deux options : courir pieds nus ou bien marcher pieds nus.

Il n’y a pas de cours d’eau permanent dans la forêt de Janas. On est en plein maquis méditerranéen.
Le sol est désespérément sec. Poussiéreux dans le meilleur des cas, caillouteux la plupart du temps. Je peine à trouver mon rythme entre ces pierres affleurantes, je profite autant que je peux des ornières tassées par les 4×4 des chasseurs et des rares bordures herbeuses.
Il semble que j’ai trouvé la piste secrète des trailers. J’en croise plusieurs groupes sur ce secteur, au moins une trentaine de personnes. Un gars s’aperçoit au dernier moment que je n’ai pas de chaussures et lâche un « Opitin ! » de surprise. Je prends ça comme une réponse à mon « Bonjour ! », hein ?

9h41

Il se passe un kilomètre entre deux coups d’œil au Polar. C’est le signe que j’ai enfin trouvé un semblant de rythme. Peut-être la piste est-elle plus roulante ici, près des premières habitations. Mais ça ne dure pas. J’atteins bientôt la jonction avec la route bordant la forêt à l’ouest et les pistes me ramènent vers le centre.
Ce secteur-là a été élagué récemment. La piste est labourée par les engins, jonchée de caillasses déterrées, de branches et de brindilles, et avec 12,5 km dans les pattes la progression commence à devenir difficile. Mes cuisses rechignent quand il faut enjamber une souche. Je ne suis pas fâché de boucler les deux derniers kilomètres de piste qui me ramènent au parking central de Janas. Bondé comme tous les dimanches. Le point de rendez-vous des vététistes, des trailers, des joggers, des randonneurs et des familles avec enfants en bas âge.

10h08

Au moment où je quitte les pistes pour le bitume du parking, une joggeuse en train de s’étirer m’interpelle : « ça ne vous fait pas mal ? »
Ça fait déjà deux heures que je suis parti, je viens de boucler le quatorzième kilomètre à l’allure gastéropodesque de 9’57 » et j’ai les jambes qui tirent affreusement. Tout en courant je me retourne vers elle, lance « c’est mon quinzième kilomètre et non, ça ne fait pas mal » et en deux foulées je passe de 7’00 /km à 4’50 /km. Non mais !
Je lève le pied après une centaine de mètres et reprends mon rythme tranquille sur la pente douce qui me ramène à mon point de départ.

10h20

J’arrête le chrono sur 2h13’37 » pour une distance de 16,2 km, ce qui relègue aux oubliettes mes 13,5 km en 1h35 du mois de septembre. Ça a été dur, ça n’a pas été sans mal, aussi bien pour la plante des pieds (encore sensible sept heures plus tard) et les muscles des jambes que pour le mental (mais je n’ai pas fait demi-tour), mais c’est aussi ça qui a rendu cette sortie plus satisfaisante que de simplement courir 10 km sur le revêtement lisse et sans surprise d’une piste cyclable.
Après un repos bien mérité, dès mardi je chausse de nouveau les baskets – façon de parler – pour un décrassage façon 60′EF.

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5 réflexions sur “Sortie n°415

    • J’ai trouvé ce que je suis allé y chercher 😉
      Quant au semi, sur du plat pas trop râpeux je crois que j’ai la distance dans les pattes. À une allure décente c’est une autre paire de manches, et ce sera mon job pour le premier trimestre.

  1. Les sensations doivent être très différentes d’avec les groles. Tu dois avoir une plante de pied aussi résistance que la patte d’un éléphant. Dingue !!!
    En tout cas, belle limite repoussée !

    • Les coussinets plantaires s’épaississent, mais le plus délicat c’est le job du cerveau qui doit faire le tri au niveau des sensations. Parce que c’est archi-sensible la plante des pieds. C’est cette surabondance de stimuli que l’on méprend pour de la douleur quand on n’a pas l’habitude…
      Jusqu’à ce qu’on marche par inadvertance sur un caillou, là on comprend la différence entre sensation et douleur. 🙂

  2. Le rapport entre la distance et le temps pour la parcourir n’a pas vraiment de sens sur chemins. Le revêtement, le dénivelé, le temps, la température et la connaissance du terrain sont des facteurs qui jouent sur le chnrono. Rien à voir avec la course sur route.

    L’expérience joue aussi beaucoup parce qu’avec elle vient l’acquisition de la foulée sur sol irrégulier qui est différente de la foulée sur route. Si tu cours sur chemin avec une foulée pour route, tu te fatigues, tu te martyrises les pieds toujours aux mêmes endroits et tu fatigues toujours les mêmes muscles, tendons et ligaments.

    Ça demande du temps et du travail. Tu devrais emmener avec toi de quoi te chausser lorsque tu en as marre. Au cas où. Il n’y a pas de honte à rechausser 🙂

    Ce qui compte là dedans, c’est que tu peux courir plus de 2 heures pieds nus, ce n’est pas rien 🙂

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