Les Foulées du Téléthon 2013, à Bandol

7h59

Le soleil est sur le point de se lever et c’est déjà l’effervescence sur le port de Bandol.
France 2 prend l’antenne en direct de la jetée et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens techniques. L’allée Vivien est bordée d’une enfilade de remorques et de camionnettes de régie avec leurs paraboles surdimensionnées. Quant à la promenade longeant le port c’est une fourmilière. Les caméramans, preneurs de sons et autres techniciens s’activent entre les nombreux badauds et les groupes participant aux différentes animations identifiables à leur tenue de pompier, à leur kimono de judoka ou encore à leurs habits traditionnels de musiciens provençaux.
Après un petit tour dans ce maelström je vais m’attabler un peu plus loin devant un croissant et un café serré, puis je vais retirer mon dossard.Les moyens techniques

9h12

La température atteint péniblement 9°C, une fois le dossard en poche je suis retourné sur le parking où j’écoute la radio, assis au chaud dans la voiture.
Comme la course débute à 10h il est temps d’enfiler mon déguisement. Parce que je vous ai pas dit, mais le crédo des organisateurs – les mêmes qui s’occupent de la Bandol Classic – c’est la course à pied, mais sur un mode festif. Le chrono oui, mais dans une ambiance carioca. Par-dessus un short et un t-shirt à manches longues couleur chair j’enfile une tunique imprimée d’un motif léopard et agrémentée de fausse fourrure en polyester. J’enroule un bandeau assorti autour de mon poignet pour camoufler le Polar, puis un collier de dents de lion en plastique et une perruque digne de Tina Turner complètent la panoplie. Ah, et pour la puce de chronométrage j’ai prévu le coup, je l’ai passée à un bracelet velcro autour de ma cheville.Cro-Magnon

9h53

Cotte de maillesSur la ligne de départ la moitié des participants sont déguisés. Titi et Gros Minet, Zorro, beaucoup de pères Noël, plusieurs indiens, quelques hommes et femmes préhistoriques que je ne manque pas de saluer.
Je repère un chevalier en cotte de mailles avec casque, jambières et épée longue, on engage la conversation. À un moment je touche sa cotte et m’aperçois que c’est vraiment du métal. Son attirail pèse 30 kg ! Il finira la course en moins de 38′ avec une trentaine de coureurs derrière lui.

Mes pieds nus intriguent tout autant que le poids de la cotte de mailles. Je croyais mon déguisement astucieux, je me disais que tout le monde trouverait naturel qu’un homme préhistorique se promène pieds nus mais j’étais loin du compte. En plus de répondre à toutes les questions habituelles j’ai dû agrémenter de ma personne tout une flopée de photos souvenirs. Comme ces deux participantes qui se photographiaient avec leur smartphone à qui j’ai proposé de prendre la photo. « Non merci. Mais venez, on voudrait se prendre en photo avec Cro-magnon. »

10h04

Initialement prévue pour un maximum de 300 puis 400 participants, la course est finalement étendue à 450 dossards. Ça reste peu, aussi quand l’animatrice de France 2 donne le signal du départ tout le monde s’élance rapidement. Je souhaite une bonne course à mon voisin chevalier et je me cale sur le rythme prévu. Parce que même si la course ressemble à un carnaval brésilien, j’ai pris le départ avec un objectif : rester le plus longtemps possible aux environs de 5’00 /km. Je sais que c’est trop rapide pour le 10 km que je prépare pour début janvier, mais sur 5 km ça peut le faire.
Le parcours est constitué de deux boucles longeant le port deux fois chacune, le public est omniprésent. Toutes les quelques secondes je lève la main pour saluer un « Oh regarde, il est pieds nus » ou remercier un « Allez Rahan ! » et j’ai peu d’occasions de soulever le bandeau entourant mon poignet pour vérifier l’allure. Je me contente de quelques coups d’œil sporadiques. 4’48 ? je raccourcis la foulée. 5’13 ? c’est le moment de relancer un chouia.

10h30

La ligne d’arrivée est vite là, c’est court cinq kilomètres. Mon pouce ne trouve pas le bouton pour arrêter le Polar, puis appuie sur le mauvais. Je m’aperçois cinq minutes après avoir passé la ligne que le chrono tourne toujours. Tant pis, je chargerai la trace sur Strava pour couper ce qu’il y a en trop.
Je n’ai pas encore eu le temps d’échanger mon dossard contre la bouteille de rosé remise aux finishers que quelqu’un me tape sur l’épaule : un journaliste de la presse locale veut photographier les déguisés. Je pose en compagnie d’un fantôme. « L’article sera publié dans l’édition de demain »[1].

Quelques chiffres et graphiques

Au final selon Strava j’ai bouclé 5 km en 25’46 » à un rythme plutôt régulier (5’07, 5’10, 5’11, 5’15 et 5’05). C’est mon premier 5 km donc je n’ai pas de point de comparaison, mais ça doit pouvoir se traduire par un 53′ sur 10 km ce qui est plutôt encourageant[2].
Mon classement est beaucoup plus surprenant. Amateur invétéré de statistiques, je fais des tableaux et des graphiques d’un peu tout, et entre autres je regarde ce que donnent mes résultats par rapport au reste des participants, j’en ai déjà parlé ici.

Chrono relatifQuestion chrono, je suis au même niveau que d’habitude avec 169 % du temps du vainqueur[3]. Sur le graphique ci-contre le chrono du vainqueur correspond à la barre bleue et mon chrono à l’ensemble barre bleue + barre orange. La course d’aujourd’hui est représentée par les barres plus claires à droite.

Position à l'arrivéeCe second graphique représente ma position à l’arrivée. La barre bleue indique la proportion de coureurs arrivés avant moi, la barre orange ceux arrivés après moi. Au lieu de l’habituel 65 à 70%, je suis cette fois dans le premier quart ! Comme quoi l’événement a rassemblé au-delà des cercles habituels de la course à pied. Le côté festif et la concomitance avec le Téléthon ont attiré un bon nombre de touristes. La courte distance aussi probablement.


[1]. Il a tenu parole, la course a eu droit à une pleine page dans Var-Matin du 8 décembre.
[2]. Mon meilleur chrono actuel est de 54’10 ».
[3]. Je compare ici les courses sur route de moins de 12 km.

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8 réflexions sur “Les Foulées du Téléthon 2013, à Bandol

  1. Bruno Redon dit :

    Content que tu te sois bien amusé. Pas de déguisés sur mon telethon de vendredi. Mais ça me donne envie pour l’an prochain aux 10 kms de Tours.

  2. Tes fans (moi-même donc entre autres) exigent la photo avec le fantôme!
    J’aime beaucoup ce carnaval en courant! Et effectivement l’Homme préhistorique pieds nus ça semble logique de prime abord… C’est bien vu le costume!
    Et félicitations aussi pour ton chrono, tant qu’à faire, t’es pas loin de ce que t’avais prévu, et sans pouvoir bien regarder ta montre. 😀

    • Alors comme t’es observatrice, t’as remarqué que j’apparais sur une des photos qui illustrent le billet, n’est-ce pas ?
      Mis à part celle de mes chaussures qui orne le bandeau du blog, c’est la toute première photo que je laisse filtrer sur le ouèbe.

      • Bah ouais j’ai vu! Mais je réclame quand même la photo avec le fantôme! (Tu sais ce que c’est… tu donnes la main et on te réclame le bras… 😀 )

        D’ailleurs tu laisse filtrer une photo sur laquelle tu es déguisé… tu restes fidèle à ton principe d’anonymat. 😀

  3. BRAVO pour ce beau récit et heureux que vous vous soyez bien régalé. C’était le but que nous nous étions fixés.
    En espérant vous retrouvez le 14 juin pour la 10e édition de la Salomon Bandol Classic avec un déguisement plus léger et mieux adapté à la température estivale.
    Merci pour votre participation.

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