Sortie n°399

Jeudi

Distance : 5,8 km
Chrono : 0h37

Il est des sorties qui sont le fruit d’une envie irrépressible de courir. Ce soir en ce qui me concerne c’est plus qu’une envie. C’est un besoin. Besoin de penser à autre chose, de changer d’air après une longue journée de boulot. Le thermomètre affiche 8°C, il est 21h et il fait nuit noire, il y a un brouillard tellement épais qu’on croirait les fumigènes d’un film de pétoche pour ados. Mais c’est pas grave, je vais courir.
Je passe d’abord à l’hôtel me changer puis après un petit détour chez Ronald™ le temps d’engloutir 953 calories je vais me garer à proximité du golf.

Part One : pieds nus

Je cours sur la piste cyclable qui longe la route départementale pour profiter de l’éclairage public. Le bitume est froid, évidemment, mais je me dis qu’une fois lancé, les muscles chauds, il n’y paraîtra plus. En fait ce n’est pas tout à fait vrai. Après un premier aller retour de presque deux kilomètres, la plante des pieds a perdu une bonne partie de sa sensibilité et les orteils sont tout engourdis. Comme des doigts sans gant par temps froid. J’ai beau diminuer les foulées et augmenter la cadence, rien n’y fait. On va jouer l’adaptation plutôt que l’entêtement, je retourne à la voiture, chausse les Terra et lance une nouvelle fois le chrono.

Part Two : en chaussures

Ça fait vraiment bizarre de courir avec des chaussures aux pieds. J’ai l’impression d’être pataud, et pourtant les Terra ne sont pas imposantes, loin de là. Et quel vacarme ! Poc-pac-poc-pac. Un vrai métronome humain.
Mais je me laisse vite abuser par le confort apporté par les semelles, le poser devient un peu moins soigneux, la foulée un peu plus longue. Si je pouvais me voir courir je crois que je me verrai talonner beaucoup trop souvent à mon goût. Par contre la température ne monte pas très vite dans les chaussures, il faut pas loin de dix minutes pour que je retrouve toutes les sensations dans les orteils.
Dix minutes c’est amplement suffisant pour qu’éclose subrepticement une nouvelle idée saugrenue. Puisque j’ai une belle ligne droite à disposition, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d’enchaîner avec une (pseudo) séance de VMA ? Je parcours les écrans de la montre, ne trouve rien qui me permette de mesurer facilement 6 minutes, donc je décide de profiter de la fonction auto lap et de courir 1 km.

Cours Forrest, cours !

Aux dernières mesures j’avais une VMA d’environ 13,2 km/h, soit à une allure de 4’33 /km. Mais sur 1 000 m je peux faire mieux que ça, hein ?
Je surveille la montre du regard, et dès qu’elle affiche 1,95 km je fais demi-tour et accélère pour être à fond les ballons quand commencera le tour n°3. Quelques secondes plus tard un autre coup d’œil rapide me donne une allure instantanée de 3’55 /km. Bien, je continue de courir comme un dératé.
Les hectomètres s’enchaînent et je commence à chercher mon souffle. J’suis encore loin ? Le Polar à mon poignet indique 2,73 km et une allure de 4’19 /km. Encore un quart de la distance. Ça devient compliqué de garder le rythme mais la proximité du but me donne des ailes. 2,90 km, je mets un coup d’accélérateur, 2,95 km je donne tout ce qu’il reste.
Un jour au kilomètre 9 d’un 10 km j’ai entendu un gars en encourager un autre en lui disant « vas-y, donne tout ce que t’as maintenant, c’est pas la peine d’en garder pour la maison ». Ça fait très cliché, très drill sergeant, mais ça doit toucher une corde sensible dans ces moments-là.
À 3,00 km la montre affiche le résumé du kilomètre écoulé. Une allure de 4’14 km, soit 14,2 km/h (où encore 107% de ma VMA). Une fréquence cardiaque moyenne de 174 bpm, et maxi de 180 bpm. Ma FCM étant de 179 bpm, je peux dire que « j’en ai pas gardé pour la maison ».

Il est des sorties qui sont le fruit d’une envie irrépressible de courir. Ce soir en ce qui me concerne c’était plus qu’une envie. C’était un besoin. Et quand on court parce qu’on veut à tout prix courir, c’est bien souvent du grand n’importe quoi.
Qu’est-ce que j’ai appris ce soir ?
Que 8°C c’est froid. Mais quand l’air est à 8°C à quelle température est le sol ?
Que je peux courir 1 km en 4’14 ». Mais est-ce que je pourrais courir à cette allure pendant 6 minutes ? Pendant 10 minutes ? Ou 15 ?
Est-ce que les 10 m de dénivelé négatif m’ont avantagé ? Est-ce que ça a compensé les désavantages provenant de la digestion du Big Mac ?

Allez, je me suis défoulé, je me suis fait plaisir. Ces dernières sorties libres sont décidément placées sous le signe du tout et n’importe quoi. Heureusement je me suis dégoté un nouvel objectif et un nouveau plan d’entraînement qui commence dès lundi.
Fini le mode ‘runner bêta’, je repasse bientôt en mode ‘runner lambda’.

Publicités

6 réflexions sur “Sortie n°399

  1. Ah même si pour toi, cette séance était un peu du n’importe quoi, au moins tu t’es bien défoulé avec ce km « lancé » !
    il donc faut avouer que le fait que tu sortes, alors qu’il fait un temps a ne pas mettre un orteil dehors, fait de toi un runner « lambda+ » !!!

    • J’avoue que je suis impatient de tester les limites de confort du pied nu en terme de température et d’humidité notamment. Donc quand l’occasion se présente, je n’hésite pas.

  2. melia06 dit :

    courir pieds nus, j’ai découvert ça en lisant ton blog, il y a quelques temps. Mais le véritable exploit est d’avoir réussi à courir après avoir mangé un mc do , moi j’aurai surement repeint le bitume !
    Sympa ton récit en tout cas !

    • Tout à fait d’accord. Courir après manger c’est plutôt moyen. Et quand c’est un sandwich englouti en 2 minutes chrono sans vraiment mâcher, c’est carrément désagréable.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s