Sortie n°396

Vendredi

Distance : 7,2 km
Chrono : 1h07
Dénivelé positif : 135 m

On est le premier novembre, le soleil brille, le ciel est bleu et malgré les 13°C affichés par le thermomètre ça incite à aller courir. Je n’ai aucun plan d’entraînement en cours et je réserve la sortie longue pour dimanche donc ce matin ce sera une sortie totalement libre, au feeling.
L’occasion d’aller me frotter aux pistes incendie de la forêt de Janas et plus particulièrement à la caillasseuse piste du Peyras. Je me gare au centre commercial plus bas sur la route ce qui me laisse 1,5 km de bitume pour m’échauffer avant de rejoindre la piste. Autant je peux courir sur la route avec les pieds encore tout engourdis, ça laisse juste une étrange sensation comme si je courais avec des chaussettes, autant je préfère que les muscles et les articulations soient chauds quand j’arrive sur des revêtements plus difficiles.

La piste du Peyras

Difficile elle l’est cette piste du Peyras. Une ancienne route qui contourne le camping et s’élève vers le fort du même nom. Tout le bitume a disparu il ne reste que des caillasses grosses comme des œufs. J’essaie de poser le pied le moins longtemps possible, du coup tous mes appuis sont précaires et je bats des bras comme un moulin à vent pour garder mon équilibre. Ma vitesse dégringole rapidement tandis que mon rythme cardiaque entre en zone rouge. Le Polar me donne une allure au-dessus de 10′ /km, soit moins de 6 km/h. Ça ne sert à rien de rester à 92% de ma FCM pour un rythme aussi bas et je décide de marcher. Et là l’allure continue de grimper en flèche. 20, 22, 24′ /km. Soit 2,5 km/h ! La honte. Sur la fin de la montée le revêtement devient plus clément, il y a de longues sections de graviers plus fin sur lesquelles je peux courir.
Mais une fois passé le point le plus haut la caillasse réinvestit la piste. En désespoir de cause je passe en mode ‘rando’ et je profite du paysage. Le soleil n’est pas très haut sur l’horizon, il vient de poindre au-dessus du fort et sa lumière se répand sur la forêt. Là-bas sur l’autre versant les rayons révèlent un patch d’un vert plus clair, des rangs d’arbres encore jeunes alignés au cordeau. Le secteur a dû être replanté après un incendie. Au loin des détonations signalent la présence de chasseurs. Pôf pôf. Cela ne semble pas troubler le moins du monde la nuée de martinets piaillant au-dessus de moi.

« Mes » Rolling Stones

Enfin les derniers hectomètres de piste sont praticables. Gravier fin, terre tassée, sable. Je peux reprendre un footing léger, entre 7 et 9′ /km. Je cours mais les cailloux n’en ont pas fini avec moi, je croise même un Mick Jagger.
Si vous ne courez pas pieds nus vous ne connaissez pas le Mick Jagger. Ce petit caillou qu’on n’a pas vu venir et qu’on effleure juste avant de poser l’avant-pied. On ne marche pas directement dessus, non, ce serait trop facile. Non, au lieu de cela on le caresse à peine, on le sent rouler sous la plante du pied et au moment où on prend appui, ce foutu rolling stone, il est juste sous l’arche du pied. Là où il n’y a ni peau épaissie ni capiton graisseux. Là où ça fait mal à coup sûr et où ça laisse un splendide bleu.
Je clopine quelques mètres, lâchant probablement un chapelet de mots doux au passage, puis au détour d’un dernier virage j’arrive en vue de la route. Deux cents mètres de bitume en pente douce avant de bifurquer de nouveau sur la piste Macchi qui ramène vers le camping.

Le trajet retour

En comparaison avec ce qu’a été la montée, la descente est une partie de plaisir. De la terre tassée, des aiguilles de pin. Je ne vais pas vite pour autant, je tourne entre 8 et 9′ /km. En plus de regarder où je mets les pieds je reste à l’écoute. Les VTT dévalent cette piste à toute allure et comme je suis susceptible de faire un écart soudain pour éviter une racine ou une pierre je préfère m’arrêter et m’écarter pour les laisser passer quand j’en entends arriver dans mon dos.
Arrivé au camping il me reste 1 500 m de route pour rejoindre le parking. Une formalité.
En croisant une famille, chacun sur son vélo, qui se dirige vers la forêt j’entends ma réflexion favorite :

« Maman, t’as vu ? Le monsieur il court pieds nus ! »

Ça me fait toujours sourire. Et ça conclut la sortie sur une note sympathique. Plus sympathique que ce que m’affiche le cardio quand je stoppe l’enregistrement. Vitesse moyenne : 6,4 km/h.
Comme quoi si je veux participer à la Bandol Classic pieds nus en juin prochain il reste un sacré boulot. De quoi m’occuper tout le printemps !

Publicités

5 réflexions sur “Sortie n°396

  1. Excellent le Mick Jagger 🙂
    Je connais bien les hématomes qu’ils laissent. Aujourd’hui c’est de l’histoire ancienne depuis que j’ai arrêté de courir su chemin avec une foulée de routard. Chouette récit 🙂
    Si tu me le permet, j’aimerais bien reprendre cette expression pour désigner ce type de caillou traître dans mes textes.

    • Bien sûr tu peux réutiliser l’expression. Faudra que je fasse un petit tour chez Creative Commons et que je crée une page sur les droits, comme ça ce sera clair pour tous (à commencer par moi 🙂 ).
      Quant à la foulée de routard, ouaip, hier soir j’ai lu avec grand intérêt ton second billet sur le sujet. Et je crois que je ne mesure pas encore l’ampleur du boulot qu’il me reste…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s