10 km de Tamaris 2013

Voilà enfin le jour tant attendu. La course que je prépare depuis fin juillet : 26 séances, 220 km et 24h43 de préparation qui vont se concrétiser en un peu moins d’une heure.
Les parkings à proximité du départ sont déjà bondés, je vais me garer au stade à un peu plus d’un kilomètre de là. Contrairement aux 10 km de Toulon il y a deux semaines où je n’avais quitté les chaussures qu’au moment de la course, aujourd’hui je les laisse dans le coffre et c’est pieds nus que je rejoins le départ. Un kilomètre et demi en petites foulées avec quelques accélérations, ça servira aussi d’échauffement.

9h45

Le signal du départ retentit à l’heure prévue. Mes voisins et moi interrompons notre conversation pour nous souhaiter une bonne course, et commençons à marcher le temps que le gros du peloton devant nous prenne son rythme. J’ai le doigt sur le bouton mais au dernier moment je ne démarre pas le chrono de la montre, je le lancerai plutôt au passage de la ligne de départ.
Rapidement je passe en allure footing puis course quand les intervalles permettent de dépasser. Je n’ai toujours pas vu la ligne de départ, pourtant j’ai dû parcourir 200 m et je prends déjà mon rythme de croisière. Tant pis, j’ai dû la rater. Je démarre le chrono, mieux vaut tard que jamais.
Il y a deux semaines j’ai découvert le principal désavantage de courir pieds nus dans un groupe : on découvre les obstacles trop tard pour pouvoir les éviter sereinement. Donc je cours sur le bord du peloton pour voir plus loin et anticiper mes prochains pas.

9h50

Voilà le panneau du premier kilomètre, mon chrono indique 4’29 ». Le chiffre est faux puisque j’ai déclenché après la ligne de départ, et je ne sais pas trop comment me situer. À Toulon il y a quinze jours je me suis calé naturellement sur le rythme visé de 5’21 ». D’après mes sensations je pense que c’est kif-kif aujourd’hui. Ce qui voudrait dire que j’ai déclenché mon chrono 52″ après la ligne. J’en saurai peut-être plus quand les résultats officiels seront publiés, le chronométrage étant assuré par un circuit imprimé intégré au dossard et pas par une puce à fixer aux lacets, je serai classé aujourd’hui.

9h56

Second panneau kilométrique, le chrono indique 9’50 », soit 5’21 » pour le second kilomètre. Le peloton est moins dense, je cours en mode ‘tranquille’. Je connais le parcours sur le bout des orteils, c’est ici que je m’entraîne la plupart du temps. Tous les voyants sont au vert, so far, so good. Juste une petite démangeaison sous un orteil, une ampoule héritée de la course d’il y a deux semaines est en train de partir en lambeaux. Rien de grave. Il me semblait avoir lu qu’on n’avait pas d’ampoule en courant pieds nus, manifestement je n’ai pas la bonne technique.

10h00

Une ligne droite assez rugueuse, je raccourcis la foulée pour diminuer le temps de contact et je choisis mes appuis avec soin. En fait je dois beaucoup zigzaguer. Une coureuse me rattrape, s’arrête à ma hauteur et me pose la question habituelle.
« Vous courez pieds nus ? Ça ne fait pas mal ? 
— Nan, c’est une question d’entraînement. Pour l’instant tout va bien. »
Une seconde runneuse juste derrière enchaîne : « Je vous ai vu à Toulon il y a deux semaines ». On engage la conversation et on reste côte à côte. Du coin de l’œil je guette le panneau ‘3 km’. J’ai repéré sur une carte avant de partir la position approximative de chacun des dix kilomètres. Le troisième panneau devrait être ici, au niveau de la jetée.
En fait il est une cinquantaine de mètres plus loin, je jette un œil à ma montre : 15’36 ». Je quitte mon interlocutrice sur un « Houlà, je suis trop lent, à plus ! » 5’47 » sur le dernier kilomètre, ça m’apprendra à papoter. J’augmente la cadence et change de voisinage.

10h06

20’45 » au passage du quatrième panneau, soit un kilomètre bouclé en 5’09 », c’est mieux. Puis je rate le panneau du cinquième. Enfin pas tout à fait. Après avoir fait demi-tour au rond-point qui marque l’extrémité du parcours j’aperçois le marquage au sol et le panneau ‘5 km’ de l’autre côté de la route. Je les ai déjà passés sans les voir. Le chrono affiche 28′ et j’arrive au ravito.
Je prends le temps de mâcher deux carrés de chocolat et de boire un gobelet d’eau en marchant avant de reprendre ma course. Le public est rare à cette extrémité du parcours mais quelques familles sont sorties sur le pas de leur porte et encouragent les coureurs.
« On vous a volé vos chaussures ? lance un papi avec un grand sourire,
— Oui, je cours après le voleur mais je n’arrive pas à le rattraper. »
Les remarques étant toujours à peu près les mêmes je commence à avoir quelques réponses toutes prêtes.

10h18

Je passe le panneau ‘6 km’ au milieu de la montée, le chrono indique 32′, je ne regarde plus les secondes. Je maintiens mon rythme et double plusieurs coureurs, comme souvent quand ça monte. Quelques uns d’entre eux me dépasseront à leur tour dans la descente qui suit.
Le panneau ‘7 km’ est franchi à 37′, le panneau ‘8 km’ à 42′ avec une petite satisfaction : l’an dernier c’est dans ce secteur, à l’entrée du port du Manteau que j’avais marché. Cette année tout va bien, je gère mon allure et j’en garde (un peu) sous le pied pour le dixième.
Après avoir dépassé un couple j’ai entendu la femme dire « Hou, c’est silencieux comme ça ! » et l’homme répondre « c’est du barefoot, regarde il pose le pied sur l’avant et pas sur le talon. »
Intérieurement j’apprécie la remarque, le gars est un connaisseur. Vu son aisance je crois bien que s’il n’avait pas accompagné la femme je ne l’aurais jamais doublé. Ni rattrapé, ni même vu de loin.

10h33

Ça y est, voilà le panneau ‘9 km’, je ne vérifie même pas si le chrono affiche bien 48′ comme mes calculs me le laissent penser. À la place je me focalise sur le coureur devant moi, que je rattrape et dépasse, puis maintenant sur la fille accompagnée d’un gars à vélo. Tout en la filmant, il lui demande comment elle préfère qu’il filme son arrivée, en pédalant à ses côtés ou en étant posté derrière la ligne. En les voyant je pense, comme dit le proverbe, qu’il vaut mieux vaut être seul que mal accompagné ! Ça me gonflerait vite de courir accompagné d’un gusse en vélo qui me filme et me pose des questions.
Je les dépasse à leur tour, puis la fille encore devant qui a l’air de souffrir sur cette fin de course mais a assez de souffle pour s’exclamer « Pµ@*%n pieds nus ! » au moment où je me rabats devant elle.

L’arrivée

Le parcours bifurque ensuite dans le parc Fernand-Braudel, d’abord sur une allée sablonneuse puis sur l’allée Entre-deux-terres dont je connais et redoute l’enrobé plutôt rugueux. Je ralentis légèrement l’allure malgré moi, plus par appréhension de cette texture qu’à cause de la rugosité proprement dite. Arrive la dernière ligne droite, les trois cents derniers mètres, et tout un petit groupe m’a rattrapé, on est au moins quatre à courir de front. J’augmente encore la cadence sur les cinquante derniers mètres histoire de mettre quelques longueurs entre nous. Après dix kilomètres de course la seule chose qui m’importe c’est de finir devant eux.
Au passage de la ligne de chronométrage je coupe mon chrono sur le chiffre (faux) de 53’18 ». Je n’ai pas prêté attention au chrono officiel qui devait bien être affiché quelque part. Si j’ajoute les 52″ du début de course, avant que j’enclenche le chrono, au temps mesuré ça donne 54’10 ».

Conclusion

Ce chrono me va bien, ça veut dire que j’ai amélioré mon temps de 1’30 » sur ce parcours. Malgré mes trois kilos en trop et sans cardio-fréquencemètre pour gérer ma course. J’ai une affection particulière pour cette épreuve. D’abord parce qu’elle se déroule sur les routes où je cours à longueur d’année, ensuite parce que c’est là en 2011 que je me suis aperçu que j’avais attrapé le virus de la course à pied, après avoir amélioré de 10 minutes mon unique et précédent chrono sur la distance.
Après la désillusion de 2012 où j’avais échoué à une seule seconde de mon temps de l’année précédente, j’améliore aujourd’hui d’une minute et demie, je suis satisfait.


Les clés de la course

Distance : 10 km
Chrono :0h54
Dénivelé : 11 m

Précédent

Publicités

8 réflexions sur “10 km de Tamaris 2013

  1. À ceux qui tombent sur cette page en cherchant sur Google les résultats de la course (et il y en a un bon nombre si j’en crois les stats du blog), je suis comme vous, j’attends…
    Selon le blog de JSD course, le prestataire chargé du chronométrage dit avoir subi un incident électrique et indique travailler à produire les classements.
    Affaire à suivre…

    • Deux jours plus tard les résultats sont publiés… et me donnent plus de dix minutes d’écart avec mon chrono mesuré !
      Donc je vais rester sur le temps de 54’10 » qui me paraît une bonne approximation et je programmerai un nouveau 10 km quand j’aurai remplacé mon Forerunner.

  2. Félicitations! Chouette course, tu dois avoir des pieds costauds pour pouvoir courir pieds nus tout le temps maintenant… mes ampoules et moi sommes admiratives!

    • Merci.
      Comme je cours pieds nus depuis juin (440 km quand même) la peau est suffisamment épaissie pour courir dix bornes sans sourciller et même améliorer mon personal best. On n’a rien sans rien.

  3. J’ai la même impression. J’essaie de ne pas en faire trop (25 à 30 km par semaine) pour ne pas me retrouver dans quelques mois avec une fracture de fatigue ou autre joyeuseté de cet acabit. Mais même comme ça je trouve que j’arrive à augmenter la distance/durée de sortie plutôt vite.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s